Différences entre versions de « Ce que c’est que l’exil »

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hâlée et fière, l’œil gai.
 
-Est-il vrai, monsieur, dit-il, que vous désiriez voir la flotte
anglaise ?
 
Il se borna à répondre :
 
-Mais, capitaine, ce n’est pas votre itinéraire.
 
Le capitaine reprit :
 
-Ce sera mon itinéraire si vous le voulez.
 
Le passager eut un mouvement de surprise.
 
-Changer votre route ?
 
-Oui.
 
-Pour m’être agréable ?
 
-Oui.
 
-Un vaisseau français ne ferait pas cela pour moi !
 
-Ce qu’un vaisseau français ne ferait pas pour vous, dit le
capitaine, un vaisseau anglais le fera.
 
Et il reprit :
 
-Seulement, pour ma responsabilité devant mes chefs, écrivez-moi sur
mon livre votre volonté.
 
l’Europe , l’attendait sur le port ; il s’étonna du navire pavoisé.
 
-Pour qui donc avez-vous pavoisé, capitaine ? Pour le khédive ?
 
Le capitaine répondit :
 
-Pour le proscrit.
 
Pour le proscrit . Traduisez : Pour la France .
Le capitaine Harvey, droit sur la passerelle de commandement, cria :
 
-Silence tous, et attention ! Les canots à la mer. Les femmes d’abord,
les passagers ensuite. L’équipage après. Il y a soixante personnes à
sauver.
ténèbres :
 
-Mécanicien Locks ?
 
-Capitaine ?
 
-Comment est le fourneau ?
 
-Noyé.
 
-Le feu ?
 
-Éteint.
 
-La machine ?
 
-Morte.
 
Le capitaine cria :
 
-Lieutenant Ockleford ?
 
Le lieutenant répondit :
 
-Présent.
 
Le capitaine reprit :
 
-Combien avons-nous de minutes ?
 
-Vingt.
 
-Cela suffit, dit le capitaine. Que chacun s’embarque à son tour.
Lieutenant Ockleford, avez-vous vos pistolets ?
 
-Oui, capitaine.
 
-Brûlez la cervelle à tout homme qui voudrait passer avant une femme.
 
Tous se turent. Personne ne résista ; cette foule sentant au-dessus
A un certain moment il cria :
 
-Sauvez Clément.
 
Clément, c’était le mousse. Un enfant.
Normandy et la Mary .
 
-Faites vite, criait le capitaine.
 
A la vingtième minute le steamer sombra.
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