« Travail salarié et capital » : différence entre les versions

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Telle est la constitution économique de toute notre société actuelle : c'est la clas­se labo­rieuse seule qui produit toutes les valeurs. Car le mot valeur n'est qu'une autre expression pour le mot travail, expression par laquelle on désigne dans notre société capitaliste actuelle la quantité de travail socialement nécessaire, incorporée dans une marchandise déterminée. Mais ces valeurs produites par les ouvriers n'appartiennent pas aux ouvriers. Elles appartien­nent aux possesseurs des matières premières, des machines et instruments et des avances d'argent qui leur permettent d'acheter la force de travail de la classe ouvrière. De toute la masse de produits créés par la classe ouvrière, il ne lui revient donc qu'une partie. Et, ainsi que nous venons de le voir, l'autre partie que la classe capitaliste conserve pour elle et qu'il lui faut tout au plus partager encore avec la classe des propriétaires fonciers, devient, à chaque découverte et invention nouvelles, de plus en plus grande, alors que la partie revenant à la classe ouvrière (calculée par tête) ou bien ne s'accroît que très lentement et de façon insignifiante, ou bien reste stationnaire, ou bien encore, dans certaines circonstances, diminue.
 
Mais ces découvertes et inventions qui s'évincent réciproquement avec une rapidité de plus en plus grande, ce rendement du travail humain qui s'accroît chaque jour dans des proportions inouïes, finissent par créer un conflit dans lequel l'économie capitaliste actuelle ne peut que sombrer. D'un côté, des richesses incommensurables et un pléthoreexcédent de richessesproduits dontque les acheteurspreneurs ne saventpeuvent que faireabsorber. De l’autre, la grande masse de la société prolétarisée, ses membres transforméstransformée en salariés, et mise par là-ce fait même incapablesdans l'incapacité de d’acquérirs'approprier cescet excédentsexcédent de richessesproduits. La séparationscission de la société entreen une mincepetite coucheclasse immensément riche et en une vastegrande classe de salariés nenon possédant rien,possédants fait que cette société s’asphyxieétouffe elle-même danssous sason propre richessesuperflu alors que la grande majorité de ses membres sontn'est peupresque pas, ou même pas du tout, protégésprotégée decontre lal'extrême misère. CetteCet situationétat estde choses devient chaque jour plus absurde et moinsplus nécessaireinutile. OnIl peut''faut'' etqu'il oncède doitla enplace, finiret avecil ''peut'' céder la elleplace. Un nouvel ordre social nouveau est possible, audans seinlequel duquelauront disparu les différences deactuelles classeentre d’aujourd’huiles auront disparuclasses et où - peut-être après une courte période de transition courte, peut-êtreun difficile sous bien despeu aspectsmaigre, mais en tout cas moralement forttrès utile - ongrâce disposeraà une utilisation rationnelle et au développement ultérieur des moyensénormes de vivre,forces productives déjà existantes de profitertous les membres de la viesociété, d’exercerpar sesle facultéstravail physiquesobligatoire et intellectuelleségal pour tous, grâceles àmoyens l’usagede harmonieuxvivre, etde aujouir développementde ultérieurla desvie immensesde forcesse productivesdévelopper et de lamettre sociétéen quioeuvre existenttoutes déjà,les aveccapacités l’obligationdu pourcorps touset de travaillerl'esprit seront également à la disposition de tous et dans une abondance toujours croissante. QueEt la preuve que les ouvriers sont de plus en plus résolus à conquérir par la lutte ce nouvel ordre social, celanous seraest prouvé,fournie des deux cotéscôtés de l’océan,l'Océan demain,par la maijournée du Premier Mai de demain et celle de dimanche prochain, 3 mai.
 
Londres, le 30 avril 1891.
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