Différences entre les versions de « La Colline inspirée/XII »

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= CHAPITRE XII OÙ THÉRÈSE SE PERD DANS L’OMBRE =
Quelles réflexions fit Thérèse, après un tel émoi, durant sa longue insomnie ? Les mots qu’avait prononcés la Mère Supérieure lui revenaient sans cesse à l’esprit : « Toujours ou jamais. » Elle reprit les pensées qui ne la quittaient pas depuis des semaines : sa vie détournée de sa voie naturelle, la poursuite de rêves qui n’avaient peut-être aucune réalité véritable, et par-dessus tout le désir de retrouver le calme, la règle, et de se mettre en paix avec la vie qui était devant elle. À travers les fenêtres, la lune versait sa lumière dans cette salle misérable et, de temps en temps, disparaissait sous les nuages. Thérèse, les yeux grands ouverts, regardait l’astre glisser. Elle repoussait avec horreur les images sordides qui l’environnaient, et se réfugiait dans ces mystérieuses alternatives d’ombre et de clarté.
 
— Ah ! lune charmante, disait-elle, prends-moi, jusqu’à la bonté de Dieu, ou du moins guide ma prière auprès des ê
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tresêtres spirituels qui vivent dans les espaces bleuâtres au-dessus de nous, afin qu’un rayon de la paix des anges descende sur leur très humble servante repentante.
 
Dès le petit jour, sœur Thérèse se leva. Sa figure toute pâle exprimait à la fois la douleur, la résignation et la confiance. L’épicier auquel elles proposèrent les précieux livres de Léopold leur en donna par pitié quelques sous, permit encore à Thérèse d’écrire sur son comptoir une lettre, qu’au sortir de la boutique elle remit à sœur Euphrasie, en disant :
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