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{{Navigateur|[[Ainsi parlait Zarathoustra]]|[[Ainsi parlait Zarathoustra - Première partie]]|[[Ainsi parlait Zarathoustra - Première partie - Les trois métamorphoses|Les trois métamorphoses]]}}
 
 
Le saint se prit à rire de Zarathoustra et parla ainsi : « Tâche alors de leur faire accepter les trésors. Ils se méfient des solitaires et ne croient pas que nous venions pour donner.
 
À leurs oreilles les pas du solitaire retentissent trop étrangement à travers les rues. Défiants comme si la nuit, couchés dans leurs lits, ils entendaient marcher un homme, longtemps avant dele lever du soleil, ils se demandent peut-être : Où se glisse ce voleur ?
 
Ne va pas auprès des hommes, reste dans la forêt ! Retourne plutôt auprès des bêtes ! Pourquoi ne veux-tu pas être comme moi, — ours parmi les ours, oiseau parmi les oiseaux ? »
On a son petit plaisir pour le jour et son petit plaisir pour la nuit : mais on respecte la santé.
 
« Nous avons inventé le bonheur, » — disent les derniers hommes, et ils clignent de l’œil. -
 
Ici finit le premier discours de Zarathoustra, celui que l’on appelle aussi ''le prologue'' : car en cet endroit il fut interrompu par les cris et la joie de la foule. « Donne-nous ce dernier homme, ô Zarathoustra, — s’écriaient-ils — rends-nous semblables à ces derniers hommes ! Nous te tiendrons quitte du Surhumain ! » Et tout le peuple jubilait et claquait de la langue. Zarathoustra cependant devint triste et dit à son cœur :
 
Sombre est la nuit, sombres sont les voies de Zarathoustra. Viens, compagnon rigide et glacé ! Je te porte à l’endroit où je vais t’enterrer de mes mains. »
 
===8.===
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Zarathoustra ne répondit pas un mot et passa son chemin. Lorsqu’il eut marché pendant deux heures, le long des bois et des marécages, il avait tellement entendu hurler des loups affamés que la faim s’était emparée de lui. Aussi s’arrêta-t-il à une maison isolée, où brûlait une lumière.
 
« La faim s’empare de moi comme un brigand, dit Zarathoustra ?. Au milieu des bois et des marécages la faim s’empare de moi, dans la nuit profonde.
 
Ma faim a de singuliers caprices. Souvent elle ne me vient qu’après le repas, et aujourd’hui elle n’est pas venue de toute la journée : où donc s’est -elle attardée ? »
 
En parlant ainsi, Zarathoustra frappa à la porte de la maison. Un vieil homme parut aussitôt : il portait une lumière et demanda : « Qui vient vers moi et vers mon mauvais sommeil ? »
Et toi, mon premier compagnon, repose en paix ! Je t’ai bien enseveli dans ton arbre creux, je t’ai bien abrité contre les loups.
 
Mais je me sépare de toi, tele temps est passé. Entre deux aurores une nouvelle vérité s’est levée en moi.
 
Je ne dois être ni berger, ni fossoyeur. Jamais plus je ne parlerai au peuple ; pour la dernière fois j’ai parlé à un mort.
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