Différences entre les versions de « Revue littéraire - avril 1845 »

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{{journal|[[Revue des Deux Mondes]], tome 10, 1845|[[]]|Revue littéraire, 1845}}
 
 
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<center>2ème trim. 1845</center>
 
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— M. Charles Labitte vient de rendre aux amis des lettres le cours de poésie latine dont l’interruption momentanée paraissait si regrettable. Dans un discours d’ouverture très spirituellement écrit et qui a été vivement goûté, M. Labitte a traité de l’imitation en littérature ; il s’est attaché à en marquer tout ensemble le bon usage et les périls, ne s’arrêtant pas à de vaines généralités, mais pénétrant au cœur même des faits littéraires, et appelant à son secours l’histoire entière de l’esprit humain, particulièrement celle de la littérature latine dans ses rapports avec la nôtre. Il y a ici un problème à résoudre d’une difficulté et d’une délicatesse infinies : c’est de concilier le culte assidu et passionné des modèles avec la spontanéité de l’inspiration, c’est de donner à l’imagination tout à la fois un aiguillon et un frein ; en un mot, c’est de régler l’originalité sans l’étouffer. Ce problème, le XVIIe siècle l’a résolu. Nul n’a plus imité, nul n’a été plus original. Les plus libres génies de cette grande époque se sont formés à l’école de l’antiquité. Corneille s’inspirait de Sénèque et de Lucain, et il écrivait Horace et Cinna avant de créer ''Rodogune''. La Fontaine se plaçait lui-même au-dessus de Phèdre, par pure bêtise, il est vrai, si l’on en croit Fontenelle. Molière enfin, le plus vigoureux, le plus inventif esprit qui fût jamais, ne se bornait pas à lire Plaute, et savait copier avec génie l'''Aululaire'' et l'''Amphitryon''. Sans développer ces rapprochemens que M. Labitte a su rajeunir par les traits d’une érudition piquante, et que nous risquerions de compromettre en nous fiant à d’imparfaits souvenirs, nous féliciterons l’habile professeur d’avoir apporté dans sa chaire toutes les fines et solides qualités qui le distinguent comme critique et comme écrivain : une instruction étendue et variée, un style où des traits vifs et brillans n’effacent pas la trace heureuse d’une école sévère, en un mot, beaucoup d’érudition mise au service de beaucoup d’esprit.
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