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Modifications

Un cas deviendra illustre : celui d'Anna O., qui souffre depuis la mort de son père des troubles les plus divers : vomissements, incapacité de boire de l'eau, oubli de sa langue maternelle, paralysies. Joseph Breuer, médecin ami de Freud, a l'idée d'in-terroger Anna O. sur l'origine et l'apparition de ses premiers symptômes après l'avoir placée sous hyp-nose. Il constate alors que les symptômes dispa-raissent définitivement aussitôt que leur origine a été reconnue par la malade, comme si la décharge émotionnelle provoquée par le retour du souvenir oublié entraînait, par un phénomène de catharsis, la guérison.
Freud applique à son tour le traitement par hypnose aux hystériques et parvient aux mêmes conclusions que Joseph Breuer. Ce qui le frappe surtout, c'est que l'hystérique semble souffrir de « réminiscences ».Première page de I' « Ostreichische lllustrirte Zeitung » du 6 octobre 1851, montrant le nouvel hôpital psychiatrique de Vienne où Freud et les premiers psychanalystes mettront longtemps à se faire accepter.Freud et Breuer se séparent bientôt. Quoique Joseph Breuer ait dû fuir les assiduités d'Anna O. et interrompre pour cette raison le traitement, il persiste à affirmer que la sexualité ne joue aucun rôle dans les causes de la maladie. Pour Freud, au contraire, la sexualité est déterminante. Si ses manifestations paraissent absentes, c'est que, pour une raison encore inconnue, toute vie sexuelle chez l'hystérique fait l'objet d'un refoulement, moyen qu'il utilise pour assurer la défense de sa personnalité profonde contre tout ce qui tend intérieurement à la modifier. La découverte du rôle de la sexualité dans la genèse des troubles hystériques ouvre la voie au développement ultérieur de la psychanalyse.
===Des paroles qui libèrantlibérent===
Très vite, Freud renonce à l'hypnose, à laquelle de nombreux malades sont rebelles. Celle-ci dissi-mule les résistances s'opposant à la mise au jour des conflits qui ont provoqué la maladie. Pour conti-nuer d'avoir accès aux souvenirs oubliés par le malade, Freud utilise les travaux de Bernheim sur la suggestion. Désormais, il harcèle ses malades de questions, jusqu'au jour où l'un d'eux prononce la phrase décisive : « Mais enfin, docteur, laissez-moi parler. » Freud cesse alors d'interroger. Il devient ce qu'il restera toujours : celui qui permet aux autres de s'exprimer. Silencieux, placé derrière le malade allongé sur un divan, il écoute.
Un nouveau progrès est accompli avec l'emploi par le psychiatre suisse Carl Gustav Jung, premier étranger à s'être rallié aux théories freudiennes, des « expériences d'association ». Analogues par certains côtés aux tests projectifs, qui deviendront l'un des instruments privilégiés de l'investigation psychologique, les expériences d'association consis-tent
Avant de parvenir à ces nouvelles définitions, Freud accumule peu à peu un immense matériel clinique dont ,il ne donnera une complète interpré-tation que progressivement. De 1905 à 1918, il publie la relation de ses cinq analyses les plus célèbres (« Le Petit Hans », « L'Homme aux loups », « Dora », « Le Président Schreber », « L'Homme aux rats»), qui retracent notamment les progrès de ses découvertes essentielles sur l'origine des névroses.
Depuis toujours, les poètes affirmaient que la faim et l'amour commandent toutes les actions humaines. Mais, alors que la faim correspond à un besoin précis, l'amour, dans ses manifestations très diverses, est beaucoup plus difficile à définir. Aussi Freud introduit-il le concept de libido pour en rendre compte. Distincte de l'instinct, la libido est l'énergie du psychique mise au service des pulsions. Son histoire décide de la personnalité du sujet.
 
===Tout commence chez l'enfant===
Dans les « Trois Essais sur la Théorie de la Sexualité » (1905), Freud élargit la conception tra-ditionnelle de la sexualité. On pensait que l'enfant n'a pas de vie sexuelle avant la puberté. Freud montre qu'au contraire la sexualité se manifeste dès les premiers mois de la vie. La libido parcourt alors une série de stades qui marquent autant d'étapes dans le développement de l'individu.Le stade oral se caractérise par le plaisir qu'éprouve le nourrisson à sucer le sein de sa mère ou ses propres doigts. Le stade sadique-anal est marqué par l'Intérêt que porte l'enfant aux fonctions d'excrétion. Correspondant à l'apprentis-sage de la propreté, il s'avère décisif dans la for-mation du caractère. Le stade phallique survient vers cinq ans. Le petit garçon, comme la petite fille, concentre son intérêt sur les organes génitaux, découvrant la différence des sexes. C'est à ce stade que commence la masturbation.
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