Différences entre versions de « Les Loix du mouvement et du repos déduites d’un principe metaphysique »

Page 281
(Page 280)
(Page 281)
 
Si quelqu'un, qui n'eût jamais touché de Corps, & qui n'en eût jamais vû se choquer, mais qui eut l'expérience de ce qui arrive, lors qu'on mêle ensemble différentes couleurs, voyoit un corps bleu se mouvoir ver uns corps jaune; & qu'il fût interrogé sur ce qui arrivera, lorsque les deux corps se rencontreront? Peut-être que ce qu'il pourroit dire de plus vraisemblable, seroit, que le corps bleu deviendra verd dès qu'il aura atteint le corps jaune. Mais qu'il devinât, ou que les deux corps s'uniroient pour se mouvoir d'une vîtesse commune; ou que l'un communiqueroit à l'autre une partie de sa vitesse pour se mouvoir dans le même sens avec une vîtesse différente; ou qu'il se réflechiroit en sens contraire; je ne crois pas cela possible.
 
Cependant, dès qu'on a touche des Corps; dès qu'on fait qu'ils sont impénétrables; dès qu'on a éprouvé qu'il faut une certaine force pour changer l'état de Repos ou de Mouvement, dans lequel ils sont; on voit que lors qu'un Corps se meut vers un autre, s'il l'atteint, il faut, ou qu'il se réflechisse, ou qu'il s'arrête, ou qu'il diminue sa vîtesse: qu'il déplace celui qu'il rencontre, s'il est en repos; ou qu'il change son mouvement, s'il se meut. Mais comment ces changements se font-ils? Quelle est cette puisaance que semblent avoir les Corps pour agir les uns sur les autres?
 
Nous voions des parties de la Matière qui se meuvent dans la Nature, ont donc reçu leur mouvement de quelque cause étrangère, qui jusqu'ici m'est inconnue. Et comme elles sont d'elles-mêmes indifférentes au Mouvement ou au Repos; celles qui sont en repos, y restent; & celles qui se meuvent une fois, continuent de se mouvoir, jusqu'à ce que quelque cause change leur état.
 
Lors qu'une partie de la Matière en mouvement, en rencontre un autre en repos, alle lui communique une partie de son mouvement, ou tout son mouvement même. Et comme la rencontre de deux parties de Matière, dont l'une est en repos & l'autre en mouvement, ou qui sont en mouvement l'une & l'autre, est toujours suivie de quelque changement dans l'état des deux; ce Choc paroît la cause de ce changement: quoi qu'il fût absurde de dire qu'une partie de la Matière, qui ne peut se mouvoir d'elle-même, en pût mouvoir une autre.
::<math>
\vdots
118

modifications