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270 nssunnmcriou
C’était une petite pièce d’une propreté admirable. Aux
murs étaient pendues des vues de Venise ; une glace se
dressait entre les deux fenêtres ; et, dans un coin, près
du lit à ressorts, on avait mis sur une table une carafe
d’caud’eau avec son verre, une bougie, et une paire de mou-mouchettes.
chettes. Sur la grande table, devant la glace, s’étalait la
valise de Nekhludov, dont une des poches contenait,
avec le nécessaire de toilette, une demi-douzaine de
volumes : des ouvrages de droit et de criminologie
russes, allemands, italiens, et un roman anglais. Nekhlu-Nekhludov
dov s’était promis de lire ces volumes dans les instants.
de loisir que lui laisserait l’examen de ses propriétés.
Mais quand il les vit, en entrant dans la chambre, il sen- bsentit
tit qu`ilqu’il était à mille lieues d’eux et des questions qu’ils
traitaient. C’était tout autre chose qu’il avait en tête. j
 
Au pied du lit était une vieille chaise de bois rouge, j
avec des incrustations. Cette chaise avait été autrefois
dans la chambre de la meremère de Nekhludov : sa vue éveilla j
dans l’àmel’âme du jeune homme un sentiment des plus
inattendus. Il se su1·pritsurprit aà regretter cette maison, qu`onqu’on
allait démolir, et ce jardin, qu’on ne planterait plus, et
ces bois, qu’on couperait, et toutes ces dépendances, 088ces
écuries, ces etablesétables, ces greniers, ces chevaux, ces
vaches, qui, bien qu’il n’eût jamais l’occasion de s`ens’en ser- lservir
vir lui-même, avaient coûté tant d’eiïortsd’efforts et constituaient
tant de vie. L’instant d’auparavant encore, il croyait N
facile et léger de renoncer à tout cela ; mais à présent il
le regrettait, et il regrettait aussi les terres, et ce revenu
qui aurait pu bientôt lui être si précieux. Et peu à peu
s‘élevèrents’élevèrent en lui toutes sortes d’arguments dont la c0n~conséquence
séquence était que ce serait pour lui une folie sans profit j
de céder ses terres aux paysans, et d’abandonner la l
gestion dcde ses biens. l
 
« Ces terres, — disait une voix en lui, - je ne puis les
cultiver moi-même ; et, ne pouvant les cultiver moi- imême,
meme, je ne puis continuer aà les exploiter comme je fais. j
Et puis, je vais sans _doutedoute devoir aller en Sibérie, de
sorte que je n’ai besoin ni d’une maison, ni de terres. »
- « Tout cela est bel et bon, - répondait une autre i
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