Différences entre les versions de « La pensée française des origines à la Révolution »

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Par là Diderot s'est montré un véritable précurseur pour la doctrine de la transformation des espèces. Si les différentes espèces animales diffèrent seulement par le degré d'organisation de la matière, on conçoit qu'il soit possible qu'elles se transforment les unes dans les autres et que le milieu extérieur exerce une influence décisive sur leur évolution. Quand Diderot écrit : « Les organes produisent les besoins et réciproquement les besoins produisent les organes », il annonce directement Lamarck.
 
Ft.Et de Inla matière vivante hà la matiérematière pensante la transition n'est pas nette. L'Anieâme est liée au corps de façon si étroite qu'il est dif-ficiledifficile dode tiiredire tait finit l'un et off commence l'autre ; tout ce qui influe `tirsur l'un intim,influe sur l'autre : mala(liemaladie, poisons, sommeil du somnam-bulesomnambule. Par 1:.\ est donc démontré expérimentalement (et non par la •nisonraison pure) que pensée et matière ne sont qu'une seule et même chose. 14;tEt du fait des sciences de l'époque, ce sera là une conception mécaniste dont nous verrons l'épanouissement chez La Mettrie : « Le paysan qui voit une montre se mouvoir et qui, n'en pouvant connaitreconnaître le mécanisme, place dans une aiguille un esprit, n'est ni plus ni moins sot que nos spiritualistes. »
 
Nous aurons plus loin l'occasion d'exposer le rôle de Diderot comme fondateur et inspirateur de l'Encyclopédie. On notera ici les caractères essentiels du matérialisme de Diderot. Son matérialisme ne pouvait être que mécaniste parce que, à cette époque, de toutes les sciences, seule la mécanique était parvenue à un certain degré d'achèvement. La chimie n'était guère sortie de l'alchimie, l'orga-nismeorganisme végétal et animal n'avait encore été étudié que grossière-mentgrossièrement. C'était donc une étape indispensable de la pensée, une étape d'éminent progrès, que de chercher à tout expliquer par la méca-niquemécanique. C'est à ce point de vue que nous apprécions Diderot, nous admirons en lui le matérialiste convaincu qui pousse jusqu'au bout sa pensée et cherche à éliminer de tous les domaines les vestiges de la superstition et de la théologie. Et, comme l'a montré Engels, « en dehors de la philosophie proprement dite, 'ils (1) étaient fort capables de donner des chefs-d'oeuvre de dialectique. Nous rappel-leronsrappellerons seulement le Neveu de Rameau, de Diderot. »
 
(1) Les Encyclopédistes.
 
** '''[[w:Paul Thiry d'Holbach|D'Holbach]] et [[Claude-Adrien Helvétius|Helvétius]]'''
 
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A côté de Diderot se placent tout naturellement d'Holbach et Helvétius. D'Holbach (1723-1789) était un homme fort riche, et les réceptions auxquelles il conviait ses amis le firent surnommer « le maître d'hôtel de la philosophie ». Il écrivit des articles de chi_ mie pour l'Encyclopédie, un certain nombre de livres antireligieux (Le Christianisme dévoilé, Théologie portative) , mais c'est surtout son Système de la Nature qui l'a rendu célèbre. Publié pour des raisons de prudence sous le nom d'un auteur mort depuis long-temps, il constitue un des exposés les plus méthodiques de la con-ception matérialiste du monde. Les autres livres d'Holbach en pour-suivent les conséquences pour l'homme et le système social dont il fait partie. C'est dans l'expérience, nous explique-t-il, que nôûs de-vons rechercher les lois de la nature : « Les hommes se trompe-ront toujours quand ils abandonneront l'expérience pour des sys-tèmes enfantés par » Puis c'est le développement de la conception scientifique du monde l'univers ne nous offre partout que de la matière et du mouvement, mouvement qui est une façon d'être qui découle nécessairement de l'essence de la matière. C'est dans la matière et son mouvement que doit être recherchée l'expli-
 
A côté de Diderot se placent tout naturellement d'Holbach et Helvétius. D'Holbach (1723-1789) était un homme fort riche, et les réceptions auxquelles il conviait ses amis le firent surnommer « le maître d'hôtel de la philosophie ». Il écrivit des articles de chi_ mie pour l'Encyclopédie, un certain nombre de livres antireligieux (Le Christianisme dévoilé, Théologie portative) , mais c'est surtout son Système de la Nature qui l'a rendu célèbre. Publié pour des raisons de prudence sous le nom d'un auteur mort depuis long-temps, il constitue un des exposés les plus méthodiques de la con-ception matérialiste du monde. Les autres livres d'Holbach en pour-suivent les conséquences pour l'homme et le système social dont il fait partie. C'est dans l'expérience, nous explique-t-il, que nôûs de-vons rechercher les lois de la nature : « Les hommes se trompe-ront toujours quand ils abandonneront l'expérience pour des sys-tèmes enfantés par » Puis c'est le développement de la conception scientifique du monde l'univers ne nous offre partout que de la matière et du mouvement, mouvement qui est une façon d'être qui découle nécessairement de l'essence de la matière. C'est dans la matière et son mouvement que doit être recherchée l'expli-
(1) Les Encyclopédistes.
 
 
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