Différences entre versions de « Les Loix du mouvement et du repos déduites d’un principe metaphysique »

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Presque tous les Auteurs modernes qui ont traité de la Physique ou de l'Histoire naturelle, n'ont fait qu'étendre les preuves qu'on tire de l'organisation des Animaux & des Plantes; & les pousser jusques dans les plus petits details de la Nature. Pour ne pas citer ici des Exemples trop indécents, qui ne seroient que trop communs, je ne parlerai que de celui (''Philos. Transact. No. 470'') qui trouve Dieu dans les plis de la peau d'un Rhinoceros: parce que cet animal étant couvert d'une peau très-dure, n'auroit pas pu se remuer sans ces plis. N'est-ce pas faire tort à la plus grande des verités, que de la vouloir prouver par de tels argumens? Que diroit-on de celui qui nieroit la Providence, parce que l'ecaille de la Tortue n'a mi plis ni jointures? Le raisonnement de celui qui la prouve par la peau du Rhinoceros, est de la même force: laissons ces bagatelles à ceux qui n'en sentent pas la frivolité.
 
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Que sert-il d'admirer cette regularité des Planetes, à se mouvoir toutes dans le même sens, , presque dan le même plan, & dans des orbites à peu près semblables; si nous ne voions point qu'il fût mieux de les faire mouvoir ainsi qu'autrement. Tant de Plantes venimeuses & d'Animaux nuisibles, produits & conservés soigneusement dans la Nature , sont-ils propres à nous faire connoître la sagesse & la bonté de Celui qui les créa? Si l'on ne découvroit dans l'Univers que de pareilles choses, il pourroit n'être que l'ouvrage des Démons.
 
Il est vrai que notre vûë étant aussi bornée qu'elle l'est, on ne peut pas exiger, qu'elle poursuivre assez loin l'ordre & l'enchaînement des choses. Si elle le pouvoit, sans doute qu'elle seroit autant frappée de la sagesse des motifs, que de l'intelligence dans l'exécution. Mais dans cette impuissance où nous sommes, ne confondons pas ces differens attributs. Car, quoi qu'une intelligence infinie suppose necessairement la sagesse; une intelligence bornée pourroit en manquer: & il vaudroit autant que l'Univers dût son origine à un Destin aveugle, que s'il étoit l'ouvrage d'une telle intelligence.
 
 
==II. Qu'il faut chercher les preuves de l'existence de Dieu, dans les Loix generales de la Nature. Que les Loix selon lesquelles le Mouvement se conserve, se distribue & se détruit, sont fondées sur les attributs d'une suprême Intelligence==
 
Ce n'est donc point dans les petits détails, dans ces parties de l'Univers dont nous connoissons trop peu les rapports, qu'il faut chercher l'Etre suprême:.. c'est dans les Phenomênes dont l'universalité ne souffre aucune exception, & que leur simplicité expose entierement à notre vûë.
 
 
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