Différences entre les versions de « Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 10.djvu/229 »

État de la page (Qualité des pages)État de la page (Qualité des pages)
-
Page non corrigée
+
Page corrigée
En-tête (noinclude) :En-tête (noinclude) :
Ligne 1 : Ligne 1 :
  +
{{Manchette|D}}
Contenu (par transclusion) :Contenu (par transclusion) :
Ligne 1 : Ligne 1 :
  +
<section begin="1398"/>{{nld|1694|border-top:1px solid black;}}
 
  +
{{brn|2}}
 
 
{{t3mp|1398. DE COULANGES À MADAME DE SÉVIGNÉ ET À LA FAMILLE DE GRIGNAN.}}
 
 
{{droite| À Paris, le dernier jour de l’an. |2.5|fs=85%}}
 
  +
{{sc|Me}} voici enfin dans la grande ville, où je n’ai pas fait un grand séjour depuis quatre mois ; car vous saurez, Madame, que depuis mon retour de Tonnerre, j’ai partagé six semaines durant mes faveurs entre Versailles et Saint-Martin, où j’ai mené assurément une vie fort agréable ; mais enfin me voici : il faut un peu se rendre à ses femmes et à ses amis de Paris, et ne pas abandonner tout à fait ses parents et ses anciennes connoissances. Tout le monde me dit que je me porte si bien, que j’ai le teint si frais, et que je suis si jeune, que par saint Jean ! je le crois. Enfin voilà le 20{{e}} décembre passé, et je suis sur mes pieds comme un autre ; c’est dommage que la saison soit aussi avancée ; car si j’avois pu prévoir une santé aussi parfaite quand j’étois à Ancy-le-Franc, ma foi, ma foi jurée ! j’aurois pris la diligence de Lyon en passant chemin, et à l’heure qu’il est je chanterois Hymen io, ô Hyménée. N’est-il pas vrai, tous mes adorables Grignans, que vous m’auriez bien reçu dans votre magnifique château, et que vous m’auriez admis à votre noce ? À quoi en êtes-vous ? est-ce fait ? la victime est-elle immolée, et le sacrificateur a-t-il bien fait son devoir ? Faut-il vous faire à tous des compliments en forme, et séparément ? Je crois en vérité que vous ne le voulez pas, et que {{Mme}} de Sévigné voudra bien, quand vous serez tous assemblés, vous faire la lecture de cette mauvaise lettre, pour distribuer selon les rangs toutes les assurances de mes respects, de mes obéissances, de mes services et de mon très-sincère attachement pour toute l’illustre maison des Adhémars entée sur Castellanne, dont je souhaite la prospérité ès siècles des siècles.<section end="1398"/>
1398. -- DE COULANGES A MADAME DE SÉVIGNÉ
 
ET A LA FAMIILLE DE GRIGNAN.
 
 
A Paris, le dernier jour de l’an.
 
 
ME voici enfin dans la grande ville, où je n’ai pas fait
 
un grand séjour depuis quatre mois ; car vous saurez,
 
Madame, que depuis mon retour de Tonnerre, j`ai partagé
 
six semaines durant mes faveurs entre Versailles
 
et Saint-Martin, où j`ai mené assurément une vie fort
 
agréable ; mais enfin me voici : il faut un peu se rendre
 
à ses femmes et à ses amis de Paris, et ne pas abandonner
 
tout à fait ses parents et ses anciennes connoissances.
 
Tout le monde me dit que je me porte si bien, que j`ai
 
le teint si frais, et que je suis si jeune, que par saint
 
Jean ! je le crois. Enfin voilà le 20è décembre passé, et
 
je suis sur mes pieds comme un autre ; c`est dommage
 
que la saison soit aussi avancée ; car si j`avois pu prévoir
 
une santé aussi parfaite quand j`étois à Ancy-le-Franc,
 
ma foi, ma foi jurée ! j'aurois pris la diligence de Lyon
 
en passant chemin, et à l`beure qu'il est je clianterois
 
Hymen io, ô Hyménée. N'est-il pas vrai, tous mes adorables
 
Grignans, que vous m’auriez bien reçu dans votre
 
magnifique château, et que vous m’auriez admis à votre
 
noce ? A quoi en êtes-vous ? est-ce fait ? la victime est-elle
 
immolée, et le sacrificateur a-t-il bien fait son devoir ?
 
Faut-il vous faire à tous des compliments en forme, et séparément ?
 
Je crois en vérité que vous ne le voulez pas,
 
et que Mme de Sévigné voudra bien, quand vous serez
 
tous assemblés, vous faire la lecture de cette mauvaise
 
lettre, pour distribuer selon les rangs toutes les
 
assurances de mes respects, de mes obéissances, de mes
 
services et de mon très-sincère attachement pour toute
 
l`illustre maison des Adhémars entée sur Castellanne,
 
dont je souhaite la prospérité ès siècles des siècles.