« Individu et Société » : différence entre les versions

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À ce ruisseau figé, s’oppose le fleuve où, selon Héraclite, nul ne s’est baigné deux fois.
 
Acharné à vouloir saisir les lambeaux de souvenirs qui flottaient sur la buée des miroirs caducs, et cependant anxieux de se baigner dans des eaux nouvelles, {{M. |Proust}} a situé son œuvre, ultime grand cap de la littérature individualisto-analytique, à la jonction du fleuve dialectique de l’Ephésien et de l’armoire à glace de la petite bourgeoisie. D’où la valeur symptomatique de Proust.
 
D’où, je pense, l’intérêt que lui portait Lounatcharsky.
Depuis Engels les méfaits de l’analyse n’ont point cessé.
 
Assez dénué de vergogne pour revendiquer l’héritage de Hegel, {{M. |Heidegger}}, par exemple, annonça une phénoménologie de l’angoisse, mais au lieu d’étudier le commencement de l’angoisse il se contenta d’agiter, autour de sa chaire professorale de Fribourg, ce qu’il appelle le « pourquoi surgi du mystère de l’être qui nous oppresse ».
 
L’un des philosophes de l’école scientifique de Vienne, l’un de ceux qui dénoncèrent les escrocs intellectuels prêts à remonter abusivement de l’expérience à la métaphysique, Rudolf Carnap n’attendit point l’avènement de Hitler pour régler son compte au futur nazi, Heidegger, et à son néant qui néante (du verbe néanter, en allemand ''nichten''). Il est toujours en proie au néant qui néante, l’individu qui veut se croire une cosmogonie à lui tout seul.