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{{sc|Arlon}}, ''24 juillet (dépêche de notre envoyé spécial)''. ― La première journée du Circuit des Ardennes s'est disputée aujourd'hui par un temps splendide, trop beau même, car la chaleur était par moments étouffante. On connait le programme de la journée qui était aux prises, sur cinq tours du petit circuit, soit 240 kilomètres, tous les véhicules légers, motocyclettes, motocycles, et voiturettes.
 
{{sc|Arlon}}, ''24 juillet (dépêche de notre envoyé spécial)''. ― La première journée du Circuit des Ardennes s'est disputée aujourd'hui par un temps splendide, trop beau même, car la chaleur était par moments étouffante. On connait le programme de la journée qui était aux prises, sur cinq tours du petit circuit, soit 240 kilomètres, tous les véhicules légers, motocyclettes, motocycles, et voiturettes.
 
Comme nous l'avions prévu, c'est la première catégorie qui a été la plus intéressante, et la plus disputée. Ce fut un véritable championnat entre la France et la Belgique. Nos voisins, je vous le télégraphiais, il y a un an déjà, à propos de ce même circuit, se sont fait une véritable spécialité de la motocyclette, dont leurs routes pavées et impraticables, bordées de trottoirs cyclables, ont fait ici une véritable nécessité. Aussi, accentuant encore cette année leurs progrès, les Belges ont-ils remporté aujourd'hui leur première victoire, dans une grande course internationale. De ce jour, nos voisins se posent donc en rivaux sérieux sur le marché international, que leurs habitudes et leurs relations d'exportation leur rendent particulièrement accessibles. Il importe donc que nos fabricants prennent une revanche, ils ont été particulièrement guignards, surtout avec leurs pneumatiques, et, sur cette route dure et qui s'est trouvée par surcroît riche en clous, les quatre cinquièmes de nos coureurs ont crevé et surtout les meilleurs. Il n'en reste pas moins que c'est une motocyclette belge qui a gagné dans un temps fort remarquable, avec une merveilleuse régularité. La marque « Minerva », d'Anvers, remporte aujourd'hui l'un des plus beaux succès qu'elle pouvait rêver. Elle a la première place avec Kuhling, la troisième avec Flamant, et ses cinq motocyclettes finissent toutes. Il serait puéril de ne pas le reconnaître, et injuste ne de pas l'en féliciter. Le vainqueur Kuhling est d'ailleurs un sportsman énergique et vaillant, gagnant des 24 heures d'Anvers à bicyclette, et recordman pour la Belgique. Bien classé dans Paris-Belfort à pied, son courage et sa volonté méritaient cette victoire.
 
Comme nous l'avions prévu, c'est la première catégorie qui a été la plus intéressante, et la plus disputée. Ce fut un véritable championnat entre la France et la Belgique. Nos voisins, je vous le télégraphiais, il y a un an déjà, à propos de ce même circuit, se sont fait une véritable spécialité de la motocyclette, dont leurs routes pavées et impraticables, bordées de trottoirs cyclables, ont fait ici une véritable nécessité. Aussi, accentuant encore cette année leurs progrès, les Belges ont-ils remporté aujourd'hui leur première victoire, dans une grande course internationale. De ce jour, nos voisins se posent donc en rivaux sérieux sur le marché international, que leurs habitudes et leurs relations d'exportation leur rendent particulièrement accessibles. Il importe donc que nos fabricants prennent une revanche, ils ont été particulièrement guignards, surtout avec leurs pneumatiques, et, sur cette route dure et qui s'est trouvée par surcroît riche en clous, les quatre cinquièmes de nos coureurs ont crevé et surtout les meilleurs. Il n'en reste pas moins que c'est une motocyclette belge qui a gagné dans un temps fort remarquable, avec une merveilleuse régularité. La marque « Minerva », d'Anvers, remporte aujourd'hui l'un des plus beaux succès qu'elle pouvait rêver. Elle a la première place avec Kuhling, la troisième avec Flamant, et ses cinq motocyclettes finissent toutes. Il serait puéril de ne pas le reconnaître, et injuste ne de pas l'en féliciter. Le vainqueur Kuhling est d'ailleurs un sportsman énergique et vaillant, gagnant des 24 heures d'Anvers à bicyclette, et recordman pour la Belgique. Bien classé dans Paris-Belfort à pied, son courage et sa volonté méritaient cette victoire.
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C'est la jeune marque française Alcyon qui a le mieux soutenu nos couleurs, avec le second Griel, encore un courageux qui marchait de tour en tour avec une régularité de pendule, et qui a, jusqu'à la dernière seconde, rendu la victoire indécise et n'est battu que de deux minutes. Anzani a bien fini, lui aussi, on peut compter désormais sur Alcyon dans les grandes marques, avec lesquelles il faut compter. Nos deux habituels champions, Griffon et Peugeot, ont été moins heureux. Demester, très bien placé au dernier tour, a été éliminé de la première place sans discussion par un éclatement. Les Peugeot ont galopé sur tout le lot au début. et Cissac a battu le record du tour, à plus de 80 de moyenne. Giuppone et Lionel ont été successivement éliminés par des crevaisons et une rupture du tuyau sur la mauvaise route. Parmi les guignards, à signaler aussi Antoine, qui a longtemps tenu la tête avec Kinet.
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Dans les grosses motocyclettes, les deux tricycles de Rigal et Pilette ont d'abord été éliminés, et c'est Tavenaux qui a facilement gagné. Il monte une Grégoire à moteur Griffon, l'ancienne machine de Demester, qui a été d'une incroyable régularité. C'est donc au fond une victoire française, sous marque belge. Il faut signaler aussi derrière lui, la Peugeot d'Ancel, qui fait aussi une belle course.
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La catégorie la moins disputée a été celle des voiturettes. Une seule Darracq est partie, celle d'Edmond : Corre est arrivé trop tard pour le pesage ; Clément fils était donc seul avec Edmond, il a triomphé avec la plus grande facilité, Edmond n'ayant jamais été bien en course. Albert Clément a été courageux, il a crevé je ne sais combien de fois sur des clous ; il a réparé, est reparti, et finalement, a terminé en un temps relativement excellent. C'est un courageux et un tenace que ce jeune homme silencieux et modeste, adroit et hardi, de la bonne école en un mot.
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L'organisation était bonne, tout s'est bien {{corr|pasé|passé}}; malheureusement, la route était dure et pleine de clous. Aussi, honneur à tous ceux qui terminèrent, car la tâche fut rude.
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Parmi les personnes présentes, citons MM. Pierre de Crawhez, compte de Briey, gouverneur ; Eusch, bourgmestre d'Arlon ; Faider, Petit, de Liedekerke, de Hou, Deron, Ekhaudt, Sabbe, Hombach, Hautvast, notre administrateur Goddet, Tampier, Michaux, de Vos, Pisart, Bidaret, Clément, Guillelmon, Sicot, Godard, Longuemare, Richebois, Cuchelet, Antoine, Campion, de Jongh, Colignon, de Thier, Hulin, Wimille, Georges Bichat, de Lafreté, etc., etc. Les temps ont été pris par nos excellents amis de Beukelaer, Heirmann et Rotsaert qui, avec un grand dévouement, ont communiqué tout le calcul des temps. Toute la presse de Paris est représentée ; il y a ici une centaine de photographes. Que sera-ce demain ?
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<center>'''Veille de bataille'''</center>
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{{sc|Bastogne}}, ''24 juillet (par dépêche de notre envoyé spécial)'' ― Nous voici de retour à Bastogne, dans une ville enfiévrée, où deux milles chauffeurs, milles voitures et cinq mille personne forment un vrai caravansérail. Il y a ici tout un monde de connaissances.
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Comme je vous l'ai télégraphié hier, Evance Coppée ne peut pas courir sur Panhard ; il est possible qu'il monte sur une {{corr|Mercédès|Mercedes}}, de Caters étant {{corr|refenu|revenu}} à Ostende ; Jenatzy monte sa Pipe en place. Il y a sur la route beaucoup de poussière, malgré la goudrogénite.
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{{droite|'''Georges Prade'''}}
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