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et celles qui ne sont pas intelligibles » . Le mécanisme présente donc des lacunes ; certains aspects de l’être vivant apparaissent, dans l’état actuel de la science, comme inintelligibles, c’est-à-dire irréductibles aux forces physico-chimiques. Qu’est-ce qui se dérobe ainsi à l’explication mécanique ? Il semble bien que ce soit un principe de finalité inhérent, malgré tout, au phénomène vital le plus élémentaire. L’être vivant se réduit au protoplasma, dont la fonction est de réagir sous l’influence des actions extérieures ; en lui la spontanéité est nulle ; la réaction est égale à l’action. Mais, peut-on dire, cette réaction n’est pas quelconque ; elle est incomplètement caractérisée, quand elle est définie du seul point de vue de la quantité, car elle possède cette propriété inattendue de favoriser, en même temps que la conservation, le développement et la propagation de l’individu même qui réagit. L’exercice de l’irritabilité se traduit par des pertes ; or la matière organique réagit précisément de manière à réparer ces pertes ; elle réagit, en outre, de manière à s’adapter au milieu, à se rendre la vie possible dans les conditions où elle se trouve placée. Enfin elle assure par la reproduction la perpétuité de la forme qu’elle représente. La vie, on l’a dit, est essentiellement un « cercle vicieux ». L’organe rend possible la fonction, et la fonction est la condition de l’organe ; la contraction musculaire active la circulation du sang, et la circulation du sang entretient la contraction musculaire. Dans tous les grands phénomènes physiologiques se retrouve le cercle vicieux. II y a donc, semble-t-il, dans l’être vivant une finalité interne. L’être [76]
{{tiret2|chi|mique}}, et celles qui ne sont pas intelligibles »<ref>Marey, ''Du mouvement dans les fonctions de la vie'', 3{{e}} leçon. — Gley, {{abréviation|Art.|Article}} ''Irritabilité'', 486.</ref>. Le mécanisme présente donc des lacunes ; certains aspects de l’être vivant apparaissent, dans l’état actuel de la science, comme inintelligibles, c’est-à-dire irréductibles aux forces physico-chimiques. Qu’est-ce qui se dérobe ainsi à l’explication mécanique ? Il semble bien que ce soit un principe de finalité inhérent, malgré tout, au phénomène vital le plus élémentaire. L’être vivant se réduit au protoplasma, dont la fonction est de réagir sous l’influence des actions extérieures ; en lui la spontanéité est nulle ; la réaction est égale à l’action. Mais, peut-on dire, cette réaction n’est pas quelconque ; elle est incomplètement caractérisée, quand elle est définie du seul point de vue de la quantité, car elle possède cette propriété inattendue de favoriser, en même temps que la conservation, le développement et la propagation de l’individu même qui réagit. L’exercice de l’irritabilité se traduit par des pertes ; or la matière organique réagit précisément de manière à réparer ces pertes ; elle réagit, en outre, de manière à s’adapter au milieu, à se rendre la vie possible dans les conditions où elle se trouve placée. Enfin elle assure par la reproduction la perpétuité de la forme qu’elle représente. La vie, on l’a dit, est essentiellement un « cercle vicieux ». L’organe rend possible la fonction, et la fonction est la condition de l’organe ; la contraction musculaire active la circulation du sang, et la circulation du sang entretient la contraction musculaire. Dans tous les grands phénomènes physiologiques se retrouve le cercle vicieux. Il y a donc, semble-t-il, dans l’être vivant une finalité interne. L’être
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