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mieux apprécier les uns et les autres, il faut ranger ces sortes de semis en deux classes : — ceux dont les produits, suivant à peu près les mêmes phases dans leur végétation, peuvent être récoltés en même temps ; — et ceux dont quelques-uns des produits doivent prendre leur plus grand accroissement après la récolte des autres.


au hasard, ala surface du globe, des pâtura—
''Pour les mélanges de la première sorte'', la très-grande difficulté sera toujours, lorsqu’on visera à la récolte des graines, de trouver des plantes différents qui puissent mûrir ''exactement'' à la même époque ; sous ce point de vue, ceux dont je viens de parler relativement à nos principales céréales, ne sont pas sans inconvénient. À la vérité, il n’est pas impossible de citer quelques végétaux auxquels le même reproche ne puisse s’appliquer, et je dois rappeler à cet égard, comme preuve suffisante, le succès plus qu’ordinaire de la caméline semée avec la moutarde blanche ; mais une pareille coïncidence est bien rare. Lorsqu’on cultive ensemble divers fourrages verts, la même difficulté n’existe plus, et alors je suis tout disposé à admettre que de semblables mélanges soient fort bons : tels sont les ensemencemens simultanés de fèves, de pois, de lentillons ou de vesces ; — de seigle ou d’avoine ; — d’orge et de mélilot, — de trèfle blanc et de graminées, etc.
ges naturels qui dispensaient de pourvoir
autrement a leur nourriture; que leur pro-
priétaire, rassuré a cet égard, ne cultivait
pour lui qu'une faible partie de ses Vastes
domaines, toute sa science consistait à rhoi-
sir des terres neuves, fécondes, qu'il aban-
donnait à un long repos après en avoir tiré
quelques récoltes, et l’art de la culture n'était
pour lui que celui du labourage.


Plus tard, lorsque la propriété commença
''Quant aux récoltes successives produit d’un même semis'', il est également hors de doute qu’elles peuvent être suivies, en bien des cas, des plus heureux résultats. Dans la Flandre, il est assez ordinaire de semer des carottes dans le lin ; — ailleurs, c’est avec l’œillette ; — aux environs de Contances on sème souvent le colza et la caméline dans un blé ; — près de Clermont (Oise), on voit également semer avec l’avoine, la navette qui, sans nuire sensiblement à la récolte de cette céréale, n’en donne pas moins elle-même de très-bons produits. — J’aurai occasion plus loin de faire connaître un assolement de la vallée de Niévolle, en Toscane, dans lequel entre, comme fourrage, un mélange de lupin, de lin, de raves et de trèfle incarnat, et dont chaque espèce de plantes se trouve consommée successivement, depuis l’automne jusqu’au mois de mai, époque de l’ensemencement du maïs. — Aux environs de Neufchâteau, d’après {{sc|Yvart}}, un cultivateur sema simultanément à la fin d’avril du lin, des carottes, des navets, du colza et de la chicorée. Le lin, soutenu par le colza, fut récolté le premier, à la fin de juillet ; — le colza fut coupé
à être divisée, pour subvenir aux besoins
quinze jours plus tard ; — les navets furent
croissans de la population, force fut bien
arrachés en septembre ; — les carottes en
d'étendre proportionnellement les cultures
octobre ; — et la chicorée fournit un bon
alimentaires, et par conséquent de les rame-
pâturage le printemps suivant.
ner plus souvent à la meule place. — Aux
labours il fallutjoindreles engrais; et,conime
on reconnut encore leur insuffisance, on ne
trouva rien de mieux que d'obtenir autant
de récoltes successives que le permettait la
fertilité du sol, et de le laisser ensuite plus
ou moins longtemps inculte. C’est ainsi que
s‘établirent sur une grande partie de l’Eu—
rope l’assoleuient triennal et quelques au-
tres dans lesquels des céréales suCCedent in-
variablement à des céréales et sont suivies
d'une jachère plus ou moins prolongée.


Jusque là à peine se doutait-on (le la t/ze'o-
''On peut arriver à des résultats analogues''
rie des assolemens. Les prairies naturelles et
en répandant au printemps une seconde semence
les pâturages sur jachère continuaient à for—
sur une culture déjà avancée. C’est
mer toute la nourriture des bestiaux. On ne
ainsi que presque partout on sème le trèfle,
cultivait que par exception un très—petit
souvent la luzerne, et quelquefois le sainfoin
nombre de plantes fourragères,conlme s'il eût
avec les céréales, et peut de temps après la
été déraisonnable ou sans profit de deman-
moisson, pour peu que la saison soit favorable,
der au sol des récoltes qui ne fussent pas
on peut, sinon obtenir une première
immédiatement utiles à l homme; comme si
coupe, au moins faire pâturer sur place la
toute autre plante que celte dont on obtenait
jeune prairie qui sera en plein rapport l’année
directement le prix en argent ne méritait
ou les années suivantes. Ces mêmes plantes
pas les soins du laboureur.
fourragères peuvent aussi être semées
avec les lins, le sarrazin, etc.


L'introduction des prairies artificielles fut
Dans la campine on répand au printemps
presque partout le premier pas vers un meil—
sur le seigle un mélange de trèfle, de navets
leur systeme. —— Les cultures sal'cle'm', bine’cs
et des carottes, destiné à servir de nourriture
0u butées vinrent ensuite. — On s‘aperçut
d’hiver aux bestiaux. — Près de Lure,
que toutes les récoltes n'étaient pas égale-
dans la Haute-Saône, lorsque le seigle ou
nieut épuisantes; que toutes ne se succé-
l’orge commence à couvrir le terrain, on jette
daient pas avec un ineuie succès; que telles
à sa surface des graines de carottes et de navets.
pouvaient revenir plus fréquemment que
Dès que la récolte est achevée, des femmes
telles autres sur le même terrain, etc. Une
arrachent le chaume resté sur place, et
science nouvelle se déroula aux yeux du cul-
comme ce travail donne au sol une sorte de
tivateur, et, taudis que la pratique lui en dé-
labour, les racines se développent de manière
voilait en partie les principes, l'observation
à donner avant les gelées une seconde récolte
plus attentive des phénomènes naturels
pour les besoins du ménage, la vente ou la
acheva de les lui révéler.
nourriture du bétail.


S l°".—— Théorie chimique des assolemcns.
« Nous trouvons, dit {{sc|Yvart}}, une pratique
qui a le précieux avantage d’économiser les
labours, établie dans les plaines de Léry et à
Oissel, près de Rouen, pour la culture de la
gaude et des haricots : — au mois de juillet,
lorsque ces derniers sont en fleur, on leur
donne le second binage, et après les avoir
rechaussés, on profite d’un temps humide
pour semer la gaude dans les intervalles qui
les séparent ; on traine ensuite entre les
rangées de haricots un peut faisceau d’épines
qui supplée à la herse. Pendant que la
gaude lève, les haricots mûrissent, et, lorsque
les tiges en sont arrachées, la terre reçoit un
houage facile très-profitable à la plante qui
les remplace si avantageusement.


Quoi ue les végétaux qui vivent en fa-
» Nous avons vu également semer avec
mille, cest-a-dire groupés en masse homo—
succès, ajoute le même agronome, des navets
gène, ne soient pas très—communs à la sur-
dans les chenevières, lors de l’enlèvement
face du globe, on voit cependant diverses
du chanvre mâle, et ces plantes éprouvant
espèces envahir à elles seules des terrains
une opération utile à leur développement
entiers et s'y maintenir plus on moins long-
lors de l’arrachage des tiges femelles, fournissent,
temps sans mélange d'autres espèces. Mais,
la même année, sans frais de culture,
tût ou tard leur végétation devenant moins
une seconde récolte passable, qui aurait pu
vigoureuse, des plantes différentes commen-
devenir une troisième, si le chanvre, qui se
cent à se montrer parmi elles, bientôt elles
sème ordinairement assez tard, avait été précédé
se trouvent dominées et souvent entière—
d’une production fourrageuse au printemps,
ment. détruites. — On a cité plusieurs
comme cela a lieu aussi quelquefois
exemples semblables. pour des plantes her—
sur des terrains fertiles et bien engraissés.
bacées, dans la nature inculte. — Vous en
— Le maïs et quelques autres plantes permettent
trouvons fréquemment dans nos pâturages
également quelquefois cette double
et. nos prairies naturelles. La qualité des
récolte dans leurs intervalles : — enfin, la
plupart des plantes, même les graminées
cultivées en rayons, peuvent admettre de la
même manière un ensemencement destiné à
une double récolte, à l’époque où on leur
donne le dernier houage. » (''Dictionnaire d’agriculture théorique et pratique''.)


TllEORIE DES ASSOLEMENS.
''Les cultures de cette sorte sont le plus souvent très-avantageuses'', parce que, sans une

grande augmentation de frais de main d’œuvres,
l
elles ajoutent à la somme des produits.

Néanmoins il ne faut pas se dissimuler
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qu’elles ne sont pas toutes sans inconvéniens.
herbages y change, pour ainsi dire, sans
Il en est qui épuisent excessivement le sol ;
cesse : ici le trèfle rampant (Tri/blium re-
d’autres qui nuisent d’autant plus à la récolte
pem,, la lupuline (.lli-(licago lupulinn) et
principale que leur développement est plus
quelques autres légumineuses succèdent
vigoureux. J’ai vu des lins dont la croissance
spontanément aux graminées; — la ce sont
était sensiblement entravée, arrêtée même
diverses renoncules h’anunculus acris, bul-
sur plusieurs points par la végétation du
bosus, arvenqis ), ailleurs la jacée (les prés
trèfle. — La principale condition de succès
(Centaurea Jaceaf, 1.1 mille-feuille (Je/zilleu
est donc que la plante choisie comme récolte
millefolium ), l'oseille (_ Humec acetoxa ), etc.
secondaire soit d’une végétation moins
— Il serait facile de multiplier beaucoup de
rapide que l’autre ; mais il importe aussi que
semblables citations, et, si l'on étudiait les
cette dernière ne couvre pas tellement le sol
générations successives de ces plantes usur-
qu’elle en éloigne l’air ambiant et la lumière.
patrices, la courte existence d‘un homme
suffirait parfois pour les voir abandonner
à leur tour au profit de quelques autres les
terrains dont elles s’étaient emparées.

Dans certaines contrées il ne serait pas
impossible de constater que les végétaux (fav-
tructeury (les moissons alternent sur le même
sol, et quoique plusieurs causes autres que
Celles qui nous occupent ici puissent con-
courir a ce résultat, il y a tout lieu de
croire qu’il est du, en grande partie, au be—
soin de productions variées.

Les arbres eux—mêmes obéissent a la loi
des assolemens A côté des inlportaus écrits
des Bosc, des Tnonx, des Soerxue Bonix,
des Deux-ne DE L1 MALLE et de plusieurs au-
tres, les observations publiées par M. Tuni-
BxULT DE Bnnxsu'n ne doivent laisser aucun
doute à cet égard.

En 17—16, rapporte-t-il. un immense -in—
cendie dévora en partie la forêt de Chateau—
Nenf fdépartement de la Haute-Vienne);
cette foret était en essence de hetre. Plus
de cinq hectares que le feu avait entière-
ment consumés se couvrirent spontanément,
les années suivantes, d'herbes et de brous-
sailles, à travers lesquelles s'éleverent un
peu plus tard une infinité (le petits clienes.
—En 1799, les bois de Lumigny et (le Crecy
(Seine-et-Marne) ayant éte exploités, le
hetre, qui en faisait également la base, se
trouva remplacé, sans le secours de l'hom me,
par des frainboisiers, des groseillers, des
fraisiers, des ronces, puis des chênes, au—
jourd'hui en pleine végétation. — Une sem-
blable remarque a été faite à des époques
différentes dans les forêts qui couronuent
les bords escarpés du Dessombre, petite ri-
vière dont les eaux vont se perdre dans le
Doubs à St.-Hippol_v te. Ces forêts sont coni—
posées d‘arbres de hautes-t'utaies. principa-
lement de liètres. Lorsqu'une coupe a été
faite, on voit bientôt l’emplacement décou-
vert s'orner d'une infinité de framboisiers
qui fournissent pendant 3 ou 4 ans une abon-
dante récolte de leurs fruits sucrulens. A
ces arbrisseaux succèdent des fraisiers, et à
ceux-ci la ronce bleue, enfin les pousses de
nouveau bois mettent un trrme à cette suc-
cession de rosacées. — Après toutes les cou-
pes de forêts de hetres qui ont lieu sur le
Jura, partieulièrement a_u revers du Mont—
(l‘Ur, les grOséillers paraissent les premiers,
les framboisiers occupent ensuite le sol pen<
dant 3 ou 4 ans, puis les fraisiers deux an-
nées, et la ronce bleue de S a 10 ans; eutm
revient le hetre ou apparaît le eueue. -—
Trois especes de coupes se succèdent dans
le même triage de la foret de Belesme, près
Mortagne (Urne). La première a lieu sur un
'1‘0.‘ll-Il.—33
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