« Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle/Perron » : différence entre les versions

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Dans la <i>Chanson des Saxons</i><span id="note1"></span>[[#footnote1|<sup>1</sup>]], les barons apportent à Charlemagne
chacun quatre deniers. L'empereur fait mettre la somme en monceau:
</div>
 
<center>
«Karles les a fait fondre à force de charbons.<br>
Que jamais en Herupe n'iert chevages semons<span id="note2"></span>[[#footnote2|<sup>2</sup>]].»<br>
</center>
<div class=prose>
 
Le perron est une de ces traditions des peuples du Nord dont l'origine
remonte bien loin dans les annales historiques. C'est la plate-forme des
de pierres avec emmarchement<span id="note3"></span>[[#footnote3|<sup>3</sup>]]. C'est sur un perron que l'auteur de la
<i>Chanson de Roland</i> fait mourir son héros, comme sur un lieu sacré:
</div>
 
<center>
«Prist l'olifan, que reproce n'en ait,<br>
Là s'est pasmet; kar la mort li est près<span id="note4"></span>[[#footnote4|<sup>4</sup>]].»<br>
</center>
<div class=prose>
 
Dans les romans des XI<sup>e</sup> et XIII<sup>e</sup> siècles, il est sans cesse question de perrons au haut desquels se tiennent les seigneurs pour recevoir leurs
vassaux:
</div>
 
<center>
«Li dux s'asist sus un peon de marbre<span id="note5"></span>[[#footnote5|<sup>5</sup>]].»<br>
</center>
<div class=prose>
 
C'est au bas du perron des palais que descendent les personnages qui
viennent visiter le suzerain; c'est là qu'on les reçoit, si l'on veut leur faire
honneur.
</div>
 
<center>
«De joiaus, de richesses trestous Paris resplent:<br>
Car de li honorer a chascun bon talent<span id="note6"></span>[[#footnote6|<sup>6</sup>]].»<br>
</center>
<div class=prose>
 
Lorsque Guillaume d'Orange se rend auprès du roi de France après la
prise d'Orange, il arrive incognito:
</div>
 
<center>
«Li cuens Guillaumes descendi au perron<br>
Li bers l'atache à l'olivier réon<span id="note7"></span>[[#footnote7|<sup>7</sup>]].»<br>
</center>
<div class=prose>
 
Les perrons des châteaux étaient accompagnés de montoirs (voy.
MONTOIR):
</div>
 
<center>
«Sor les chevax monterent c'ou lor tint au perron<span id="note8"></span>[[#footnote8|<sup>8</sup>]]:<br>
Qui de la Curt le Roi esteient<span id="note9"></span>[[#footnote9|<sup>9</sup>]].»<br>
</center>
<div class=prose>
 
Le perron, comme nous l'avons vu déjà ci-dessus, est quelquefois un
monument destiné à perpétuer une victoire. Tel est celui que Charlemagne
fait élever à Trémoigne:
</div>
 
<center>
«An la cit de Tremoigne fist. i. perron lever<br>
Sovantes foiz avoient telant de reveler<span id="note10"></span>[[#footnote10|<sup>10</sup>]].»<br>
</center>
<div class=prose>
 
Le perron était donc une marque de noblesse, un signe de puissance
et de juridiction. Les communes élevaient des perrons devant leurs hôtels
Charles, duc de Bourgogne, a soumis le territoire de la ville de Liége,
en 1467, pour punir les bourgeois de leur révolte, et comme marque de leur humiliation:
</div>
 
<center>
« Les turs, les murs, les portes,<br>
Puist estre mention<span id="note11"></span>[[#footnote11|<sup>11</sup>]].»<br>
</center>
<div class=prose>
 
Ce passage fait comprendre toute l'importance qu'on attachait au
perron
château de Montargis (voy. ESCALIER, fig. 2), qui datait du XIII<sup>e</sup> siècle, et se
divisait en trois rampes surmontées de combles en charpente.
</div>
 
[[Image:Perron.Sainte.Chapelle.Palais.Paris.png|center]]
[Illustration: Fig. 1.]
<div class=prose>
 
Le château de Pierrefonds possédait un remarquable perron à la base
de l'escalier d'honneur, avec deux montoirs pour les cavaliers et une
Une vue de ce perron, prise du point P (fig. 3), nous dispensera
d'entrer dans de plus amples détails. Il est peu de dispositions adoptées
 
[Illustration : Fig. 2.]
 
[Illustration : Fig. 3.]
 
dans la construction des châteaux du moyen âge qui se soient perpétuées
plus longtemps, puisque nous la voyons conservée encore de nos jours.
</div>
 
[[Image:Perron.chateau.Pierrefonds.png|center]]
<div class=prose>
Le grand escalier en fer à cheval du château de Fontainebleau, dont
on attribue la construction à Philibert Delorme, est une tradition des
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