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droit politique, le titre de noble était le synonyme de celui de ''citoyen''. Ce que sont aujourd’hui les ''électeurs'' dans les états constitutionnels, les nobles, les soldats, l’étaient en Pologne. Il faut remarquer qu’à la naissance de la république, tous ceux qui prirent les armes pour sa défense acquirent le droit de citoyen, et qu’autrefois les noms de ''Miles'' et de ''Nobilis'' y étaient identiques. D’ailleurs, dans un pays plat, sans défense naturelle et continuellement menacé par ses voisins, il fallait intéresser les habitans à le protéger par une perspective de gloire et de privilèges. La noblesse, en Pologne était donc un corps qui jouissait exclusivement des droits politiques ; malheureusement, il le faut ajouter, par l’effet des empiétemens de pouvoirs, les droits civils formèrent à la fin son apanage presqu’exclusif. Ce serait une erreur de croire que, dans les premiers temps de la république, les autres classes fussent asservies ; les deux lois portées en 1347 et 1420 prouvent avec évidence que les paysans jouissaient librement de leurs propriétés. Les habitans des villes et des domaines libres, espèce de bourgeoisie ou ''tiers état'', quoiqu’ils ne fussent pas nombreux, conservèrent quelques garanties politiques jusqu’à la dernière époque de l’existence de la Pologne. Ils pouvaient être propriétaires dans l’étendue du territoire de ces villes et domaines, ils y exerçaient librement la juridiction, administraient avec indépendance leurs municipes et plusieurs grandes villes et envoyèrent même des représentans aux diètes d’élection. Nous avons déjà vu comment la noblesse s’appropria, au détriment du peuple, de telles prérogatives. Il convient maintenant d’observer que tout noble, sans distinction, étant obligé de courir aux armes au premier appel de la couronne, et de ne les déposer que pour revêtir la toge civique, le grand nombre d’assemblées populaires qui l’appelaient dans leur sein, rendait presque indispensable d’attacher à la glèbe le reste de la population, pour ne pas laisser les terres incultes. C’est ainsi que les républiques de la Grèce avaient leurs ilotes,
droit politique, le titre de noble était le synonyme de celui de ''citoyen''. Ce que sont aujourd’hui les ''électeurs'' dans les états constitutionnels, les nobles, les soldats, l’étaient en Pologne. Il faut remarquer qu’à la naissance de la république, tous ceux qui prirent les armes pour sa défense acquirent le droit de citoyen, et qu’autrefois les noms de ''Miles'' et de ''Nobilis'' y étaient identiques. D’ailleurs, dans un pays plat, sans défense naturelle et continuellement menacé par ses voisins, il fallait intéresser les habitans à le protéger par une perspective de gloire et de priviléges. La noblesse, en Pologne était donc un corps qui jouissait exclusivement des droits politiques ; malheureusement, il le faut ajouter, par l’effet des empiétemens de pouvoirs, les droits civils formèrent à la fin son apanage presqu’exclusif. Ce serait une erreur de croire que, dans les premiers temps de la république, les autres classes fussent asservies ; les deux lois portées en 1347 et 1420 prouvent avec évidence que les paysans jouissaient librement de leurs propriétés. Les habitans des villes et des domaines libres, espèce de bourgeoisie ou ''tiers état'', quoiqu’ils ne fussent pas nombreux, conservèrent quelques garanties politiques jusqu’à la dernière époque de l’existence de la Pologne. Ils pouvaient être propriétaires dans l’étendue du territoire de ces villes et domaines, ils y exerçaient librement la juridiction, administraient avec indépendance leurs municipes et plusieurs grandes villes et envoyèrent même des représentans aux diètes d’élection. Nous avons déjà vu comment la noblesse s’appropria, au détriment du peuple, de telles prérogatives. Il convient maintenant d’observer que tout noble, sans distinction, étant obligé de courir aux armes au premier appel de la couronne, et de ne les déposer que pour revêtir la toge civique, le grand nombre d’assemblées populaires qui l’appelaient dans leur sein, rendait presque indispensable d’attacher à la glèbe le reste de la population, pour ne pas laisser les terres incultes. C’est ainsi que les républiques de la Grèce avaient leurs ilotes,