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on retour de la ville, répondit avec une certaine impatience qu’Antoinette ne devait pas être troublée pour des riens, que d’ailleurs elle n’était pas en âge d’être soumise à l’inquisition, comme une petite pensionnaire, au sujet de la correspondance qu’elle tenait avec sa cousine.
son retour de la ville, répondit avec une certaine impatience qu’Antoinette ne devait pas être troublée pour des riens, que d’ailleurs elle n’était pas en âge d’être soumise à l’inquisition, comme une petite pensionnaire, au sujet de la correspondance qu’elle tenait avec sa cousine.


Cette réponse fut invariablement donnée par M. de Mirecourt, chaque fois que madame Gérard voulut recourir à son intervention ; car si jusque-là la jeune fille s’était montrée aussi bonne et aussi soumise, c’était dû à la douceur de ses dispositions et non à la contrainte exercée par son père. C’était donc une bonne fortune, pour le secret qu’elle gardait avec tant de soin, que le temps et les pensées de M. de Mirecourt fussent occupés par d’autres choses ; autrement, il n’aurait pas manqué de remarquer l’inconcevable changement qui s’était opéré chez elle.
Cette réponse fut invariablement donnée par M. de Mirecourt, chaque fois que madame Gérard voulut recourir à son intervention ; car si jusque-là la jeune fille s’était montrée aussi bonne et aussi soumise, c’était dû à la douceur de ses dispositions et non à la contrainte exercée par son père. C’était donc une bonne fortune, pour le secret qu’elle gardait avec tant de soin, que le temps et les pensées de M. de Mirecourt fussent occupés par d’autres choses ; autrement, il n’aurait pas manqué de remarquer l’inconcevable changement qui s’était opéré chez elle.


Nous avons déjà dit que la plupart des Canadiens-Français, au lieu de recourir, pour le règlement de leurs difficultés, à des juges qui ne connaissaient ni leur langue ni leurs lois, s’étaient habitués à les soumettre à l’arbitrage de leur curé ou à celui de quelque notable de leurs paroisses. À Valmont M. de Mire-court était universellement aimé et respecté ; aussi se trouva-t-il constitué juge et arbitre des différends qui s’élevaient quelques fois entre ses co-paroissiens. Jamais on n’en appelait de ses décisions, car tous étaient convaincus qu’il agissait avec la plus entière impartialité, avec la plus stricte justice.
Nous avons déjà dit que la plupart des Canadiens-Français, au lieu de recourir, pour le règlement de leurs difficultés, à des juges qui ne connaissaient ni leur langue ni leurs lois, s’étaient habitués à les soumettre à l’arbitrage de leur curé ou à celui de quelque notable de leurs paroisses. À Valmont M. de Mirecourt était universellement aimé et respecté ; aussi se trouva-t-il constitué juge et arbitre des différends qui s’élevaient quelques fois entre ses co-paroissiens. Jamais on n’en appelait de ses décisions, car tous étaient convaincus qu’il agissait avec la plus entière impartialité, avec la plus stricte justice.