S’il ne vous plaît que j’aille mieux



Othon de Grandson S’il ne vous plaist que j’aye mieulx

Rondeau, XIVe siècle

Version originale

S’il ne vous plaist que j’aye mieulx,
Je prendray en gré ma tristesse.
Mais, par Dieu, ma plaisant maistresse,
J’amasse plus estre joyeux !
 
De vous suy si fort amoureux
Que mon cuer de crier ne cesse.
S’il ne vous plaist que j’aye mieulx,
Je prendray en gré ma tristesse.
 
Bele, tournez vers moy voz yeulx
Et veez en quele tristesse
J’use mon temps et ma jeunesse
Et puis faites de moy vos jeux,
S’il ne vous plaist que j’aye mieulx.

Othon de Grandson S’il ne vous plaît que j’aille mieux

Rondeau, XIVe siècle

Orthographe modernisée

S’il ne vous plaît que j’aille mieux,
Je prendrai en gré ma tristesse.
Mais, par Dieu, ma plaisante maîtresse,
J’aimerais mieux être joyeux !
 
De vous suis si fort amoureux
Que mon cœur de crier ne cesse.
S’il ne vous plaît que j’aille mieux,
Je prendrai en gré ma détresse.
 
Belle, tournez vers moi vos yeux
Et voyez en quelle tristesse
J’use mon temps et ma jeunesse
Et puis faites de moi vos jeux,
S’il ne vous plaît que j’aille mieux.