Richard Wagner, sa vie et ses œuvres/Appendice/Catalogue général de l’œuvre artistique de Wagner

Traduction par Alfred Dufour.
Perrin et Cie, libraires-éditeurs (p. 385-392).



II

CATALOGUE GÉNÉRAL DE L’ŒUVRE ARTISTIQUE
DE R. WAGNER


Pour plus de commodité, j’ai classé, en trois séries successives : les œuvres poétiques, les œuvres musicales, les œuvres dramatiques.


ŒUVRES POÉTIQUES


Poème couronné sur la mort d’un camarade, novembre 1825 (Imprimé à l’époque, mais non encore retrouvé).

Frédéric Barberousse, 1848.

À mon royal ami, 1865.

Rheingold (l’Or du Rhin), court poème, 1869.

À l’occasion de l’achèvement du Siegfried, 1869.

Pour le 25 août 1870.

À l’armée allemande devant Paris, janvier 1871.

Une Capitulation, comédie à la manière ancienne, 1870-1871.


ŒUVRES MUSICALES


Sonate, quatuor et trio, 1829 (voir les Écrits de Wagner, I, 9) :

Ouverture avec cymbales, en si bémol majeur, 1830 — Donnée au théâtre royal de Leipzig dans l’hiver de 1830

Sonate pour piano, en si bémol majeur, 1831 (publiée chez Breitkopf, 1832).

Polonaise pour piano à quatre mains, en ré majeur, 1831 (publiée en même temps que les précédentes.)

Fantaisie pour piano, en fa-dièse mineur, 1831. (Inédit.)

Ouverture de concert, en ré mineur, composée le 26 septembre 1831, remaniée le 4 novembre 1831. — Donnée au Gewandhaus de Leipzig le 23 février 1832.

IXe symphonie de Beethoven, arrangée pour piano à deux mains, 1831.

Ouverture de concert, en ut majeur, avec grande fugue finale, 1831. — Donnée en 1832, d’abord dans les « Concerts d’Euterpe », puis au Gewandhaus, le 30 avril 1832.

Sept compositions sur le Faust de Goethe, 1832 :

1° Chant des soldats.
2° Paysans sous le tilleul.
3° Chanson de Brander.
4° Chanson de Méphistophélès (La puce du roi).
5° Chanson de Méphistophélès. (« Que fais-tu donc devant la porte de ta bien-aimée ? »)
6° Chant de Marguerite (« Ma paix a fui sans retour »).
7° Mélodrame de Marguerite (Invocation à la Vierge).

Ouverture pour la tragédie : « Le roi Eneio », 3 février 1832. Jouée souvent au Théâtre royal de Leipzig comme introduction au drame de Raupach.

Symphonie en ut majeur, mars 1832. — Jouée à Prague dans l’été de 1832 ; au Gewandhaus de Leipzig, le 10 janvier 1833 ; à Venise, le 24 décembre 1882.

Symphonie en mi majeur, été 1834. Fragment.

Cantate de nouvelle année, décembre 1834. — Jouée le soir de la Saint-Sylvestre 1834-1833, à Magdebourg.

Ouverture pour la pièce d’Apel, Colomb, 1835. — Jouée à Magdebourg en 1835 ; plus tard, à Riga et Paris.

Ouverture, « Polonia », 1836.

Ouverture, « Rule Britania », fin de 1836 ou commencement de 1837. — Jouée à Kœnigsberg, en mars 1837.

Romance en sol majeur, texte de Holtei, août 1837 ( intercalée dans le vaudeville Mary, Max et Michel, de K. Blum). — Donnée à Riga, 1837.

Hymne populaire pour l’accession au trône du czar Nicolas, novembre 1837. — Exécutée à Riga, le 21 novembre 1837.

Le Sapin, lied à la manière livonienne (en mi bémol mineur). Texte de Scheuerlin, 1838.

Les deux Grenadiers, lied de H. Heine, Texte français, 1839.

Trois romances, 1839-1840.

1° Dors, mon enfant (texte de Victor Hugo).
2° Attente (texte de Victor Hugo).
3° Mignonne (texte de Ronsard).

Les Adieux de Marie Stuart (on ne sait rien de cette composition, mentionnée une fois par Wagner).

Ouverture de concert : «Faust», 1839-1840, remaniée en 1855.

Musique pour le vaudeville de Dumanoir La descente de la Courtille, 1840 (simple fragment, semble-t-il).

Cantate pour la fête d’inauguration de la statue du roi Frédéric-Auguste, 1843. — Exécutée à Dresde le 7 juin 1843.

L’Agape des Apôtres, scène biblique pour chœur d’hommes et grand orchestre, 1843. — Première exécution à l’occasion de la fête générale de musique des sociétés de chant d’hommes, à Dresde, le 6 juillet 1843,

Hommage de ses fidèles à Frédéric-Auguste le Bien-aimé, pour chœur d’hommes et orchestre, 1844. Exécuté à Dresde le 12 août 1844, à l’occasion du retour d’Angleterre du roi de Saxe.

Musique funèbre, pour la translation des restes de C. M. de Weber en terre allemande, d’après des motifs d’Euryanthe, 1844. — Exécutée à Dresde le 14 décembre 1844.

Au tombeau de Weber, chœur d’hommes chanté après les obsèques, (texte de Wagner), 1844. — Exécuté à Dresde le 15 décembre 1844.

Sonate d’album, en mi bémol majeur (pour Mme Wesendonck), 1853.

Cinq poèmes :

1° L’Ange, décembre 1857.
2° Douleurs, décembre 1857.
3° Rêves, décembre 1857.
4° Reste tranquille, février 1858.
5° Dans la serre, juin 1858.

Feuillet d’album, en la-bémol majeur, Ankunft bei dem Schwarzen Schwanen (pour Mme la comtesse Pourtalès), 1860.

Feuillet d’album, en ut-majeur (pour Mme la princesse de Metternich), 1861.

Marche d’hommage (dédiée au roi Louis II de Bavière), 1864.

Idylle de Siegfried, pour petit orchestre, 1870.

Marche impériale, pour grand orchestre et chœur, 1871.

Feuillet d’album en mi-bémol majeur (pour Mme Betty Schott), 1875.

Grande marche de fête, pour l’ouverture du centenaire de la Déclaration d’indépendance des États-Unis d’Amérique, 1876.

Il faudrait ajouter ici :

Le Stabat mater de Palestrina, annoté pour l’exécution, au commencement de 1848. — Première exécution, 8 mars 1848.

L’Iphigénie en Aulide de Gluck, remaniée avec version nouvelle, 1846. — Première exécution le 22 février 1847.

Le don Juan de Mozart, avec une version en partie nouvelle et un nouvel arrangement, 1850.

ŒUVRES DRAMATIQUES
1° Projets, fragments et pièces de circonstance
de moindre importance

Tragédie « à l’instar des Grecs », vers 1825 (Inconnue)

Grande tragédie, mise plus tard en musique, vers 1827-1829 (Inconnue).

Pastorale vers 1829 (Inconnue).

Scène et Ariette (1832 ?). — Jouée au Théâtre royal de Leipzig le 22 avril 1832.

Les Noces, opéra en trois actes. — Texte composé en 1832 ; composition commencée en décembre 1832. Sur le désir qu’en exprima sa sœur Rosalie, l’auteur détruisit le texte et abandonna la composition commencée.

Allegro pour l’ariette d’Aubry dans le Vampire de Marschner, texte et musique de Wagner, septembre 1833.

La haute Fiancée, grand opéra en cinq actes. Texte exposé en projet, en 1836, et envoyé à Scribe ; la composition n’en fut jamais commencée. — Plus tard, Wagner remania ce texte et le donna à son ami Kittl comme livret pour son opéra Les Français devant Nice (joué à Prague en 1848).

Scène de sacrifice et de conjuration, composée comme intercalation dans une pièce restée inconnue, 1837. — Probablement exécutée, à cette époque, à Kœnigsberg.

L’heureuse famille des ours, opérette comique en deux actes. — Texte écrit et composition commencée au commencement de 1838 (Fragment).

La Sarrasine (Manfred), opéra en cinq actes. — Première esquisse du poème, 1841 ; projet détaillé, 1843. La composition, autant qu’on peut savoir, ne fut jamais entreprise.

Frédéric Barbcrousse, drame (sans musique), 1848.

Jésus de Nazareth, 1848. (Le projet complet a été publié par Breitkopf.)

Wieland le Forgeron 1849.(Le projet complet a été imprimé dans le volume III des œuvres complètes).

Achille, 1849. — (On trouvera des notes pour ce projet dans : Projets, pensées et fragments.

Les Vainqueurs, 1856. (Une courte esquisse de ce drame, dont la scène se passe dans l’Inde du Buddha, est publiée dans : Projets, pensées et fragments.

2° Drames.

Les Fées. Texte et musique, 1833. — Ne furent jamais représentées du vivant du maître.

La Défense d’aimer. — Projeté en été 1834 ; texte terminé et composition commencée encore avant la fin de la même année ; partition achevée en août 1836. Première représentation, à Magdehourg, le 29 mars 1836.

Rienzi, le dernier des tribuns. — Première idée bien définie dans l’été de 1837 ; projet complet dans l’été de 1838, composition commencée le 26 juillet 1838, partition terminée le 19 novembre 1840. Première représentation, Dresde, 20 octobre 1842.

Le Vaisseau Fantôme (ou Hollandais-Volant). — Première idée au commencement de 1838 ; premier projet, comme pièce en un acte, 1840 ; poème complet écrit du 18 au 28 mai 1841 ; projet de composition terminé le 13 septembre 1841. — Première représentation à Dresde, le 2 janvier 1843.

Tannhäuser et la guerre des Chanteurs sur la Wartbourg. — Première idée 1841 ; projet scénique (La Montagne de Vénus) opéra romantique et premières esquisses musicales, dans l’été de 1842 ; texte achevé le 22 mai 1843, partition terminée le 13 avril 1845. — Première représentation à Dresde, le 19 octobre 1845.

Lohengrin. — Première idée en été 1841 (en corrélation avec Tannhäuser ; projet de poème en été 1845 ; partition commencée le 9 septembre 1846, terminée le 28 août 1847. — Première représentation à Weimar, sous la direction de Liszt, le 28 août 1850.

Les Maîtres Chanteurs de Nuremberg. — Premier projet détaillé en été 1845 (en corrélation poétique avec le Tannhæuser récemment achevé) ; poème considérablement remanié, et achevé dans l’hiver de 1861-1862. (L’esquisse en prose est datée : Vienne, 18 novembre 1861) ; composition commencée au printemps de 1862 ; partition terminée (après beaucoup d’interruptions) le 20 octobre 1867. Première représentation, Munich, 21 juin 1868.

L’Anneau du Nibelung. — Certaines communications épistolaires de Wagner démontrent que, déjà en 1846, ce sujet le préoccupait. Le projet détaillé en prose Le Mythe des Nibelungen comme projet de drame, qui répond exactement à l’étendue, et, dans tous les traits principaux, à la succession des événements extérieurs dans l’œuvre actuelle, est de l’été de 1848 ; la dernière ligne de la partition de l’œuvre complète fut écrite en novembre 1874. — L’exécution commença par la composition poétique de la catastrophe finale, c’est-à-dire par celle de la Mort de Siegfried (aujourd’hui Le Crépuscule des dieux) composition qui commença le 12 novembre 1848 et fut terminée le 28 novembre de la même année. Puis vint le poème du Jeune Siegfried (maintenant : Siegfried), au printemps de 1851 : de temps à autre, quelques esquisses musicales vinrent au jour. Dans l’automne de 1851, Wagner reprit son plan premier, plus vaste, de l’année 1848, et commença à écrire l’Anneau du Nibelung, « Festspiel scénique en trois soirées et une soirée préliminaire » : le poème de La Valkyrie était terminé le 1er juillet 1852, celui de l’Or du Rhin, dans les premiers jours de novembre 1852 ; au milieu de décembre 1852 le Jeune Siegfried était terminé dans sa nouvelle forme ; bientôt après, aussi, la Mort de Siegfried, entièrement remaniée en plusieurs de ses parties. En février 1853, parut en manuscrit le poème complet de l’Anneau du Nibelung, imprimé à cinquante exemplaires pour les amis de Wagner ; ce texte n’offre que des divergences insignifiantes avec le texte définitif. La première édition publique du poème est de 1863 : on y trouve, pour la première fois, les titres de Siegfried et du Crépuscule des dieux. La composition musicale de l’Or du Rhin fut commencée à la fin de l’automne 1859, et la partition achevée à la fin de mai 1854, ou dans les premiers jours de juin ; celle de la Valkyrie, commencée en juin 1854, était achevée en mars 1856 ; celle de Siegfried fut commencée dans la seconde moitié de 1856, mais interrompue en juin 1857 (après que la partition du premier acte avait été terminée au commencement de mai 1857 et que l’esquisse était arrivée à la fin du second ; cette composition fut reprise en 1865, interrompue encore, puis terminée, en esquisse, en 1868 ; enfin le 5 février 1871, la partition était achevée. La composition du Crépuscule des dieux fut entreprise aussitôt après l’achèvement du projet de Siegfried ; en octobre 1869 ; le premier acte était terminé, dans l’esquisse orchestrale, le 11 janvier 1880 ; le second, le 5 juillet de la même année ; le troisième, le 9 février 1872. L’ensemble fut achevé le 21 novembre 1874. La première représentation de l’Anneau du Nibelung eut lieu à Bayreuth, du 13 au 17 août 1876.

Tristan et Iseult. — Première mention : « J’ai conçu, dans ma tête un Tristan et Iseult », décembre 1854 ; projet encore mentionné en juillet 1856 ; poème composé dans l’été de 1857, achevé en septembre ; composition du premier acte terminée le 31 décembre 1857 (sans doute en esquisse), du second au commencement de 1859, du troisième acte en août 1859. Première représentation, à Munich, le 10 juin 1865.

Parsifal. — Wagner entrevoit cette figure en 1854 (en corrélation avec Tristan et Iseult, où Parsifal devait paraître au troisième acte) ; premier projet de drame, printemps 1857 ; premier projet de poème complet, 1865 ; achèvement du poème, 23 février 1877. Des fragments de la musique remonteraient, dit-on, jusque vers 1857 ; composition commencée en automne 1877, terminée en esquisse le 25 avril 1879, partition achevée le 13 janvier 1882. Première représentation, à Bayreuth, le 26 juillet 1882.