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Pensées de toutes les couleurs/S’ILS N’ÉTAIENT PAS MORTS/Alexandre Dumas fils

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Calmann-Lévy, éditeurs (p. 219-220).


ALEXANDRE DUMAS FILS

(1824-1895)



Il aurait quatre-vingt-sept ans…

Le voici qui vient à vous avec son allure de mousquetaire, la taille toujours droite, l’œil plein de lumière, le pied cambré, la main tendue, très sensiblement le même que toujours. Il a toujours le mot rapide et amer. Il est toujours à la fois très sceptique et très bon. Il continue de bien aimer ceux qu’il aime et de bien détester ceux qu’il n’aime pas…

Considérant toujours le théâtre comme une tribune propre à développer ses idées, Dumas travaille encore, en homme à qui les idées ne manquent jamais. Voilà beau temps que la Route de Thèbes a été jouée, et ce fut un triomphe. D’autres pièces lui ont succédé et aussi un roman autobiographique, espèce de confession générale, intitulé : Ce que j’ai dit et ce que j’ai fait.

En ce moment, Dumas habite, comme chaque été, sa jolie maison de Marly. Ce matin même, fidèle à ses habitudes de lève-tôt, il était dès cinq heures dans son cabinet de travail. De frais parfums de roses et des gazouillis d’oiseaux entraient par la fenêtre ouverte… Et, sur le coup de huit heures, le maître écrivait le mot « fin » au bas du manuscrit d’une pièce sur le féminisme, intitulée la Petite fille de Claude, qu’il doit porter prochainement à M. Jules Claretie, administrateur général de la Comédie-Française.