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INITIATION MUSICALE

sa musique se fait rectiligne comme le temple grec. Dans la symphonie, c’est le romantisme de Lélio, de Harold, de la Symphonie fantastique[1].

Liszt l’admire et le défend comme il admire et défend Wagner. Jamais grand artiste n’eut plus de souci que Liszt des intérêts de l’art en général, en même temps que plus d’indifférence pour les siens propres. Lui aussi écrivit des oratorios comme la Légende de sainte Élisabeth, le Christus ; des poèmes romantiques[2] ; des motets, des psaumes, des messes. Inutile de parler de son œuvre de piano, de ses rhapsodies, de ses études, de ses transcriptions de Bach, Beethoven, Berlioz… que tout le monde connait.

De même admire-t-il le bon César Franck.

Je vois encore Liszt à Sainte-Clotilde, écoutant les six grandes pièces d’orgue du futur auteur des Béatitudes, de Rédemption, de la Symphonie en ré mineur, de la Sonate piano et violon, le félicitant, le remerciant.

Franck était né dans cette ville de Liége déjà fière de Grétry et, jadis, de Dumont, le maître de chapelle de Louis XIV, l’auteur des Plains-chants célèbres, des messes dites royales. De fait, naturalisé Parisien, en 1872, il fut nommé par Ambroise Thomas, directeur du Conservatoire, professeur de la classe d’orgue, où je lui succédai (1890) et où, six ans après, j’eus Guilmant pour successeur.

On sait la réputation de notre école d’orgue, quels artistes en sont sortis : Vierne, Marcel Dupré, J. Bonnet, Libert, Jacob, Fauchet, Cellier, Philip, Huré, Mulet, Letocart, Decaux et

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  1. Adolphe Boschot, Une vie romantique. — Prodhomme, Berlioz.
  2. Voy. ci-devant p. 94;