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pas destinées à la publicité. De l’avis de sa femme, il avait même poussé jusqu’à la pusillanimité sa crainte que ses idées personnelles ne nuisissent à sa situation ; et voilà que tout récemment il se manifestait chez lui une curieuse tendance à dogmatiser, à jeter le gant, à faire étalage de son code particulier à la face du monde. Comme on est sûr d’avoir un nombreux auditoire dès que l’on choisit pour sujet « Les relations des deux sexes », quelques amis enthousiastes lui avaient persuadé de divulguer des opinions qui n’avaient été encore discutées que dans les salons, en les résumant dans une série de conférences à l’atelier Van Sideren.

Le ménage Herbert Van Sideren n’avait, socialement parlant, sa raison d’être que par son atelier. La principale valeur des œuvres de Van Sideren, en effet, était de servir d’accessoires à une mise en scène qui distinguait les réceptions de sa femme des corvées mondaines du tout New-York élégant, et lui permettait d’offrir à ses amis du « whiskey-and-soda » au lieu de thé.

Mrs Van Sideren, pour sa part, était passée maître dans l’art de tirer parti de cette atmosphère toute spéciale que créent un mannequin et un chevalet. Si parfois l’illusion lui paraissait difficile à maintenir, et si elle perdait