Ouvrir le menu principal

Page:Wharton - Les Metteurs en scène, 1909.djvu/354

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


les gens curieux et avides de médisance pourront me rechercher et me ramener de force au couvent. »

Alors l’ermite reprit : « Aux temps jadis, lorsque la foi de Notre-Seigneur Jésus-Christ fut prêchée pour la première fois, il y eut de saintes femmes qui s’en furent au désert et y vécurent dans la solitude, pour la plus grande gloire de Dieu et l’édification de leur sexe. Si ton esprit te porte à embrasser une existence à ce point austère, à te contenter de ce que produit le désert, à passer tes jours dans la prière et la veille, il n’est pas impossible que tu puisses faire ainsi réparation du grave péché dont tu t’es rendue coupable, et qu’il te soit permis de vivre et de mourir dans la paix de Notre-Seigneur. »

Ainsi parla-t-il, sachant que si elle le quittait pour retourner à la vie vagabonde, la faim et la peur la pourraient mener à de nouveaux péchés. Tandis qu’en une vie de pénitence et de réclusion peut-être ses yeux s’ouvriraient-ils à son iniquité.

Il la vit troublée par ses raisons et sur le point d’y céder, et d’embrasser une vie de sainteté. Mais soudain elle devint comme frappée de mutisme, les yeux abaissés sur la vallée qui s’ouvrait à leurs pieds. « Un ruisseau coule au