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Page:Wharton - Les Metteurs en scène, 1909.djvu/267

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passer plusieurs mois avant que je revienne à Siviano. Mais ce n’est pas pour vous raconter tout ceci que je vous ai fait venir.

Il repoussa sa chaise et se mit à marcher de long en large, de son pas traînard.

— Mon Dieu ! s’écria-t-il, comment m’exprimer ? Quand Andrea m’eut écouté, je le vis échanger un coup d’œil avec sa femme, qui dit avec sa voix doucereuse :

« — Oui, Andrea, c’est votre devoir.

« — Votre devoir ? demandai-je. Qu’est-ce qui est votre devoir ?

Andréa passa la langue sur ses lèvres sèches et regarda de nouveau son épouse pour se donner du courage.

« — Votre femme a un amant, dit-il.

Gemma saisit mon bras au moment où je me jetais sur son mari. Il est dix fois plus fort que moi, mais vous vous souvenez comme je le forçais à vous demander grâce autrefois, lorsqu’il vous maltraitait.

« — Lâchez-moi, dis-je à sa femme. Il faut qu’il rétracte ses paroles.

Andrea se mit à pleurnicher.

« — Oh ! mon pauvre frère, je donnerais ma vie pour pouvoir les rétracter.

« — Ce secret nous a fait mourir de chagrin, ajouta Gemma.