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ces garçons furent regardés comme les héritiers de la maison.

J’avais, pendant ce temps, terminé le cours de mes études, et le vieux comte, à la sortie du séminaire, m’avait fait nommer curé de Siviano. C’était l’année du mariage du comte Andrea, et il y eut de grandes réjouissances à la villa. Trois ans plus tard, le vieux comte mourut, au grand chagrin de ses deux enfants aînés, Donna Marianna et le comte Roberto. Le frère et la sœur fermèrent les appartements qu’ils occupaient dans leur palais de Milan et se retirèrent à Siviano pendant une année. Ce fut alors que j’appris à connaître mon ami. Je l’avais aimé auparavant, mais sans le comprendre ; maintenant je sus de quel métal il était. Son goût pour la lecture le portait à mener une vie retirée, et son frère cadet s’imagina qu’il ne tiendrait pas à assumer la charge du domaine. Mais si telle avait été la pensée d’Andrea, il fut déçu. Roberto envisagea résolument ses nouveaux devoirs et, conscient de son manque de savoir-faire vis-à-vis des paysans, il tâcha d’y remédier par un plus grand zèle pour leur bien-être. Je l’ai vu travailler des jours entiers pour réconcilier deux ennemis que son père eût mis d’accord par un mot, tel le saint évêque auquel un pauvre