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Page:Wharton - Les Metteurs en scène, 1909.djvu/234

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L’affaire qui m’appelait en ville m’obligea à me séparer de lui dès que le train fut en gare, et, pressé par l’heure, je le laissai loin derrière moi, cherchant à se frayer un passage à travers la foule compacte qui encombrait le quai. Avant de nous séparer j’avais appris toutefois qu’il retournerait à Dunstable par le train de quatre heures, et j’étais décidé à terminer mon affaire à temps pour rentrer avec lui. En arrivant à Wall Street, j’appris que la personne avec laquelle j’avais rendez-vous était malade et retenue à la campagne. J’avais donc ma journée devant moi et je ne me sentais guère embarrassé de son emploi, étant à l’âge où les distractions ne manquent pas ; mais, en route pour aller demander à déjeuner dans une maison amie, je me jetai tout à coup dans un fiacre et me fis conduire rapidement à la gare de Brooklyn. J’avais déjà pris mon billet, et j’étais installé sur le bac, lorsque je me rendis nettement compte que j’avais été distrait de mon projet par un sentiment de réelle inquiétude au sujet de Don Egidio. Je calculai qu’il n’avait guère plus d’une heure d’avance, et qu’étant donnés ma plus grande agilité, et le fiacre que j’avais à ma disposition, j’arriverais à temps au cimetière pour le faire mettre à l’abri avant que les rafales de grésil, qui déjà balayaient l’es-