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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t3.djvu/92

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SEPTEMBRE

Demain je mènerai mes désirs sur la grève
En docile berger que conduit son troupeau ;
Demain tous mes désirs suivront le bord des eaux
Que j’entendais gémir cette nuit dans mes rêves.

J’attends une heure encor ; l’aube va se lever ;
Je vois blanchir l’écume aux marges de l’aurore ;
Les sanglots de la nuit se sont tus ; — pas encore.
Attendons ! Attendons ; le jour va se lever.

Bientôt je marcherai sur la plage éplorée
Pleine d’herbes, de sel et de débris marins
Que mon inquiétude a choisis ce matin
Pour être les jouets de ma triste pensée.

Venez, tous mes désirs ! Descendons sur la grève.
L’aube luit ! L’aube luit ! — Menez-moi par la main,
Je veux courir aussi. Voici l’étroit chemin
Qui conduit jusqu’aux bords où la vague s’achève.

La vague enfin s’en va ; nous pouvons approcher,
Cueillir parmi l’écume, où mes désirs se penchent,
Des raisins de la mer les humides vendanges
Et tout ce que le flot arracha du rocher.

Ce que le flot a pris, qu’apporta la marée,
Que la vague berçait, qu’emportera le vent,
Ma pensée en a fait un symbole mouvant,
De l’algue translucide, et quand la mer, lassée,

L’a laissée ù la rive où mes désirs me mènent,
Mes désirs m’en ont fait un glauque diadème.