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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t3.djvu/88

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LE CHASSEUR NOIR

J’aime le noir chasseur de l’ombre
Qui, l’arc en mains, carquois au dos,
Traverse, quand la nuit est sombre,
Le bois où dorment les échos.

De son chien noir les yeux l’éclairentr
Et son chien noir est un démon ;
Les loups, les sangliers le flairent
Par les 1.ailiers touffus du mont.

Ils se taisent de peur et tremblent ;
Le chasseur noir et le chien noir
Passent tout lentement et semblent
Dans la nuit sombre ne rien voir.

Le morne chien regarde l’herbe,
Le chasseur regarde la nuit ;
Dans le lointain monte une gerbe
De feux follets qui les poursuit.

Et toujours dans la nuit et l’ombre
Le chasseur et le chien s’en vont ;
Et l’homme rêve un réve sombre,
Et le chien noir est un démon.

(Roseaux.)

CROIX DE BOIS

Il est des croix de bois si grandes
Par les chemins de mon pays,
D’immenses croix de bois, si grandes,
Avec des bondicux tout petits.

Et les petits bondieux de cuivre,
Par les hivers tout dédorés,
Claquent au vent et semblent vivre
Sur le bois des vers dévoré.

Souvent par une main ils pendent
Au seul clou qu’épargna le temps —