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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t3.djvu/74

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TELLE UNE ÉGLISE PRÊTE A RECEVOIR SON DIEU…

Telle une église prête à recevoir son Dieu,
Une église attendrie et tout illuminée,
Où d’invisibles mains, durant la matinée,
Semèrent des fleurs d’or, tendirent du drap bleu,

Après les désespoirs de la seizième année,
Notre cœur ignoré, qui soupirait son vœu,
Sent renaître plus belle, au souffle d’un aveu,
Cette rose d’antan que nous disions fanée.

Telle une bonne église ouverte dans la nuit
Pour le pèlerin pale auquel un rêve nuit,
Mais que ranimera l’azur d’un autre rêve :

Plein de clartés, de voix, de parfums, notre cœur
Est le temple vivant de l’Idole aux yeux d’Eve
Dont nos désirs nouveaux sont les enfants de chœur.

(Les Adolescents.)

PAROLES DE L’AMANTE

J’avais peur de ta voix comme de ton silence,
Et pourtant, cet aveu, je le devinais bien.
Mon cœur, toujours dans l’ombre, était si près du tien ;
Je lisais tant d’espoir et tant de vigilance
Au fond de tes grands yeux qui ne me cachent rien !

Mais tu sais la détresse où mon âme est perdue.
J’avais peur de mourir avant la fin du jour,
Et je ne voyais pas s’allumer tour à tour,
Comme une joie éparse à travers l’étendue,
Les feux mystérieux des étoiles d’amour.

Ah ! je sens maintenant que je ne dois pas vivre !
Le mal dont j’ai la crainte est déjà dans mon cœur.
C’est le même tourment, c’est la même langueur,
Si lourds que ta parole h peine me délivre,
Qui m’exilent du rêve où tu marches vainqueur !