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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t3.djvu/585

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Une tache de sang par la brume élargie
S’arrondissait, vermeille, et semblait le moyeu
De quelque roue énorme arrachée a l’essieu,
Et du sang des chevaux encor toute rougie.

Au-dessus de l’immense embrasement, plus haut
Que les débris épars du divin Chariot,
Le Croissant dans l’azur courbait sa fine lame ;

Sans doute un des coursiers, dans l’abime roulant,
Avait, derrière lui, de son sabot de flamme,
Laissé tomber au ciel ce fer étincelant.

L’ÉTOILE ET LA TORCHE

Toi qui des profondeurs du ciel illuminé
Vis le Christ la première et lui rendis hommage,
Etoile qui guidas le Berger et le Mage
Vers la crèche où dormait le divin Nouveau-Né ;

Torche au reflet sanglant, flambeau prédestiné,
Toi que serrait Judas, le poing crispé de rage,
Quand le Maître, sentant défaillir son courage,
Priait sous les rameaux du noir Ghetsémané ;

Foyers dont la lueur, infernale ou sereine,
Astre, nous dit : Grandeur, et Torche, nous dit : Haine,
Tout Elu porte au front votre double clarté ;

CarDieu, qui nous éprouve en nous meurtrissant l’âme,
Fait de cette lumière unie à cette flamme
Le nimbe glorieux de l’Immortalité !…