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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t3.djvu/542

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En effleurant son ventre blanc
De ses cornes en demi-lune.

Il était roux et noir, portant
Au dos une tache jumelle
Et brusquait sa mère, en tétant,
De coups goulus dans la mamelle.

Au fond du pré les joncs pliés
Sifflaient au bord d’une rivière,
Des étincelles de lumière
S’accrochaient dans les peupliers.

… Sur le plat large que décore
Un cercle de persil nouveau,
Toute chaude et fumante encore,
Glt la triste tète de veau.

(Novembre.)

SUR LA TOMBE DE GEORGE SAND

Quel calme sous l’asile entre-croisé des branches !
Septembre s’est penché vers la tombe, sa sœur,
Et livre tristement à sa grave douceur
Le sourire attardé de quatre roses blanches…

Les arbres dont l’écorce était chère ù ses doigts,
L’herbe dont en rêvant elle aimait la caresse,
Le vieil étang, mirant sa limpide paresse,
Ce soir auront frémi du souffle d’autrefois !

Car ta campagne, ô mère, a gardé ta pensée
Et te berce en l’amour où tu l’avais bercée,
Le Berry de jadis fidèle est demeuré ;

Et lorsque le soleil s’est couché tout ù l’heure,
Devant ton souvenir, comme un enfant qui pleure,
L’automne défaillant longuement a pleuré.