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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t3.djvu/468

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Puis, lorsque les corbeaux au vol large el pesant
Passent, croassant l’heure au rude paysan,
Quand le dernier rayon s’éteint au plus haut faite,
Dans les vagues clartés d’un beau jour qui se meurt,
Comme il y a mille ans, s’en revient le semeur,
Inconscient de l’œuvre immense qu’il a faite.

(Mon Ame.)

PANTHÉISME

Pour Mm« Lucie Delarue’Mardrtis.
Je serai, dans la suite éternelle des jours,
L’impérissable atome à l’aveugle énergie
Sans cesse défaillante, et sans fin ressurgie
Pour un labeur fatal qui renaîtra toujours.
Je deviendrai le lys des royales amours
Qui frémit d’un coup d’aile et qui se meurt d’une ombre,
Et je m’élèverai, parfum des fleurs sans nombre,
Vers les astres d’argent, aux cieux de noir velours ;
Et mon corps, lentement, s’épandra dans la nue
En un vague regret d’une chose inconnue :
D’un cœur jadis meurtri de songes impuissants ;
Et, mon être vibrant en chaque molécule
Sur les derniers rayons du couchant qui recule,
Je deviendrai pour vous, ô poètes naissants,
Cette douleur qui flotte au fond du crépuscule.

(Mon Ame.)

CHANSON D’AMOUR

Pour Auguste Dorchain.

O femme ! arrête-toi près de mon front pâli ;
Je chanterai ton geste aux grâces paresseuses,
Et toi, tu me diras de ces douces berceuses
Qui mènent la douleur aux rives de l’oubli.

Oui, je veux oublier, dans ton regard de flamme,
Le néant que je suis et les êtres pervers,