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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t3.djvu/449

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C’est en 1899 que, spontanément, en dehors de toute école, de toute doctrine, elle écrivit ses premiers poèmes ; les autres suivirent, notés au cours de l’heure, au gré de la vision et du songe ; sans souci du public, elle chantait pour elle-même. Elle avait trouvé sa voie. « Que dire de ma vie ? —• nous écritelle, — elle n’eut d’autres aventures que celles de mes pensées. Eprise d’idéal, assoiffée de tous les bonheurs, anxieuse du sens de la vie, j’ai enfin trouvé, dans la possibilité de form uler mon être intérieur, un peu de cette paix que nous cherchons tous. L’art fut vraiment pour moi la libération. » (15 février 1904.)

« Mm° Marie Dauguet, a dit un critique, est une femme qui sent profondément. Les faits quotidiens, humbles et vulgaires, éveillent en elle une émotion sympathique de tristesse ou de joie… Elle comprend et elle aime la nature, et, à force d’amour, elle en a senti vibrer l’âme à l’unisson de la sienne. Elle l’a regardée comme un peintre avec une attention infatigable et des yeux habiles à distinguer les nuances. Les paysages qu’elle dépeint sont ceux d’une région particulière, la Lorraine ; elle en a su voir et exprimer l’originalité. Musicienne, elle écoute parler le vent, les eaux, les arbres ; tous les bruits de la nature lui sont connus, et chacun d’eux éveille en son âme un écho harmonique. Désirant cette amie fidèle dé tous ses sens, elle en a respiré avec recueillement les parfums, tandis que ses yeux se repaissaient de couleurs et qu’à ses oreilles chantait la flûte rauque du vieux Pan ; elle a pleuré de la tristesse des choses et ressuscité avec elles sous les caresses du printemps. «