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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t3.djvu/443

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La grâce turbulente où le désir agile
S’élever ! et monter par la blafarde argile
Auprès du piédestal vide !
                                        Sentencieux,
Les arbres sur lesquels le givre a mis des yeux,
Bras tendus vers là-bas où mon âme regarde,
Évoquent le silence et la pâleur hagarde
Du site par l’hiver et le soir dénudé. —
De Celle qui n’est pas le signe a possédé
Soudain mon cœur hanté d’un total vouloir vivre
Dans la forêt muée en nécropole, — givre
Où filtrent des regards de lune et d’yeux humains !
Mais, enchevêtrement de branches et de mains,
Nulle angoisse ne peut sourdre d’une harmonie
Telle que de l’hiver le ciseau ne dénie
Au marbre des rameaux dans l’espace sculptés ;
Et le rêver ducal d’une vaine cité
De pierre où le silence exténué s’étale,
Dans les profonds obscurs futaie horizontale,
Ne drape que d’un lin candide vos bras blancs,
Beaux arbres léthéens, diaphanes portants
Du trône d’où — faisceau du seul rythme — irradie,
Comme autant de vitraux sur la crypte, la Vie !

(Autour de l'Automne et de la Mort, en préparation.)