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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t3.djvu/376

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Son globe au loin circule, envahi par l’ennui,
Verdi de neige opaque à l’ombre confondue !

O mort d’un monde où vibre en torrents de cristal
La modulation du givre et des glaciers !
O tristesse d’un astre insensible et fatal !

Terre, en vain tu te plains ! Ne gémis plus, ô terre !
Car bientôt le soleil des matins printaniers
Viendra t’environner de son feu salutaire !

(Les Chants de la Vie Ardente }

LES FIANÇAILLES

A l’époque où la terre est nubile et s’émeut
De la floraison d’or dont sa poitrine s’orne,
Pomone fait tomber des parfums de sa corne,
Et délicatement se revêt de ciel bleu.

La terre, qui s’éprend du soleil amoureux,
Le voit soudain sortir de l’obscur Capricorne,
Descendre a travers l’air où ne luit nulle borne,
Et bientôt tout rougir du reflet de ses feux.

Alors, faisant fumer ses mers, frémir ses cimes,
Elle roule un grand globe égaré par l’amour
Parmi l’énorme espace où le soleil s’abime !

Et tandis que l’azur autour d’elle disperse
Ses semences d’aurore et ses graines de jour.
Elle ouvre largement ses benux flancs à l’averse !

(Les Chants de la Vie Ardente.)

EUCHARISTIE

Ton être allait périr : je l’ai ressuscité !
Pétri de noire argile et construit dans la fange,
Il porte encor pourtant quelque ardente beauté,
Et tu me dois l’éclat qui sort de ce mélange !

Hors du désastre obscur je t’avais transporté,
Je t’ai fait resplendir dans ta vertu étrange :