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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t3.djvu/33

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Il me manque une rime en eutre…
Vous rompez, plus blanc qu’amidon ?
C’est pour me fournir le mot pleutre !
— Tac ! je pare la pointe dont
Vous espériez me faire don ; —
J’ouvre la ligne, —je la bouche…
Tiens bien ta broche, Laridon !
A la fin de l’envoi, je touche.

(Il annonce solenuellement :)

ENVOI

Prince, demande è Dieu pardon !
Je quarte du pied, j’escarmouche,
Je coupe, je feinte…

(5e fendant.)
Hé ! là donc !

[Le vicomte chancelle ; Cyrano salue.)
A la fin de l’envoi, je touche.

[Cyrano de Bergerac.)

RÉPONSE

DE CYRANO AU REPROCHE DE DONQUICHOTTISME
QUE LUI FONT SES AMIS

Et que faudrait-il faire ?…
Chercher un protecteur puissant, prendre un patron,
Et comme un lierre obscur qui circonvient un tronc
Et s’en fait un tuteur en lui léchant l’écorce,
Grimper par ruse au lieu de s’élever par force ?
Non, merci. Dédier, comme tous ils le font,
Des vers aux financiers ? se changer en bouffon
Dans l’espoir vil de voir, aux lèvres d’un ministre,
Naître un sourire, enfin, qui ne soit pas sinistre ?
Non, merci. Déjeuner, chaque jour, d’un crapaud ?
Avoir un ventre usé par la marche ? une peau
Qui plus vite à l’endroit des genoux devient sale ?
Exécuter des tours de souplesse dorsale ?…
Non, merci. D’une main flatter la chèvre au cou