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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t3.djvu/302

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LE SACHET

Les bois dorment, là-bas, sous leur mante aux plis lourds
Le soir tombe ; et le ciel s’affaisse en neiges lentes ;
Et, dans la bonne paix des blancheurs somnolentes,
La Vierge s’est blottie aux tiédeurs du velours.

Elle rêve, et tressaille aux frissons des veilleuses
Qui font courir aux murs leur fantôme léger ;
Tout l’essaim blanc des souvenirs semble neiger
En ses yeux éblouis de candeurs merveilleuses.

Et toujours chante en elle un page de satin,
Qui, doucement, s’éplore en promesses câlines ; —
Car, dans l’ombre, oublié parmi des mousselines,
L’âme des printemps morts fuit d’un sachet lointain.

(Les Vierges.)

PALE ET LENTE, SI PALE
EN SA ROBE D’ÉTÉ…

Pâle et lente, si pâle en sa robe d’été,
Si lente en ses langueurs, oh ! si pâle et si lente,
Elle va promenant sa douleur nonchalante,
Par les prés sans parfum, sous le ciel sans clarté.

Et voici qu’en son cœur, serré d’une agonie,
L’adieu d’un cor se traîne en de mornes abois…
Oh ! s’en aller ainsi, quand les feuilles des bois
S’entassent, pour mourir, parmi l’herbe jaunie !

Mourir aussi, mourir avec les feuilles d’or,
Dans la douceur et la tristesse de l’automne,
En écoutant pleurer la bise monotone,
Sourire au soir qui tombe, et rêver qu’on s’endort !

(Les Vierges.)