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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t3.djvu/260

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Pour qu’aux lointains obscurs qu’emplit l’idolâtrie,
A l’Egypte, à la Grèce, à Rome, à l’Assyrie,
Comme à tout l’univers, il dise : « Il n’est qu’un Dieu. »

(Oriens.)

LA SOURCE

Au R. P. Constant.

Nymphœ genus amnibus unde est.

Virgile.

Lorsque le Tibre, roi des eaux occidentales,
Mêlait sa jeune arène aux flots Tyrrhéniens,
Quand l’Eridan tombait des monts helvétiens,
Virgile, au large azur de tes plaines natales !
Curieux de la cause en ton désir d’enfant,
Tu cherchais le secret de leurs ondes naissantes
Et d’où pouvait sortir le Mincius dormant ;
Sur les berges en fleur des rives décroissantes
Tu poursuivais la source, et tu trouvas parfois,
Au plus épais de l’ombre, au plus profond du bois,
Souriante et le front étoilé de pervenche,
La vierge dans sa main tenant l’urne qui penche.

Telle encore, ô Virgile ! en un monde nouveau
Tu trouverais la vierge à la source d’une onde
Qui, lorsque tu naquis, fut à peine un ruisseau,
Qui, depuis, fleuve immense, a fécondé le monde…
O fleuve de la foi, d’où sont venus tes flots ?
Partons, partons pour voir si leur source est encore
Si charmante là-bas au pays de l’aurore ;
Plus loin que Rome, Ephèse, et Corinthe, et Pathmos,
Que le vieux môle où Paul, secouant ses sandales,
Entra dans les hasards des mers orientales,
Au delà du Carmel, au delà du Thabor,
Le flot nous conduira jusqu’à la crypte ombreuse
Où l’anémone unie à la ronce épineuse
Croit sous la vigne lente et sur les sables d’or.
Déjà le flot expire en un léger murmure,
Une blancheur lointaine a lui sous la ramure…