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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t3.djvu/241

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On y voit une eau calme et verte,
Sombre parmi des peupliers ;
C’est là que de mon âme ouverte
Tu vis les tourments familiers.

Près de moi tu restais très tendre
A m’abriter de ta pitié,
Et ton cœur ne voulait entendre
Que des mots chastes d’amitié…

Je pense à ce bois à toute heure,
De ma douleur il est connu :
C’est là que mon âme demeure,
Et je n’y suis point revenu.
Septembre 1892.

L’ANGÉLUS DU SOIR

L’Angélus a sonné dans le soir reposé.
Tout est calme. Voici les moissonneurs qui rentrent ;
Ils sont las, mais heureux, et les plus jeunes chantent.
Les vieux, sur les chevaux, sommeillent, dos brisés.

Les femmes, sur le pas de leurs portes, attendent ;
Les gamins en courant font un bruit de sabots ;
Et, dans le cimetière, une vieille, tremblante,
Regarde, s’appuyant aux pierres des tombeaux,
De ses yeux obscurcis les étoiles naissantes.
1898.

O CHEMIN, ATTIRANT TOUJOURS
MA RÊVERIE

LE POÈTE

O chemin, attirant toujours ma rêverie,
Je marche donc encor vers les murs pleins de paix
Où les croix noires, que les ronces ont fleuries,
S’incliuent doucement vers le gazon épais.

Des tilleuls en quinconce environnent la porte ;
Deux arbres abattus peuvent servir de bancs ;