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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t3.djvu/237

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dont le Matin d’Automne (1894), et un volume de vers, Rêves blancs (1895) ; à Paris, Tannée suivante, Pierre Rovcrt, un roman de subtile notation psychologique. Des lettrés le signalèrent au public, Armand. Silvestro entre autres. M. Fagitet en dira plus tard : « un curieux et ingénieux roman, où il y a dn lyrisme, de la passion. » (Revue Bleue, 1901.)

En avril 1897, le fameux essai sur la Crise Poétique mit soudain son auteur en pleine lumière. M. Sully Prndhomme, dans la Revue de Paris, fit paraître, à propos do la brochure de M. Boschot, une longue lettre ouverte à laquelle M. Boschot répondit dans la même revue (Vv mai et 15 septembre 1897). Plus tard, M. Sully Prudhomme reproduisit et commenta dans son Testament Poétique (pages 102 à 128) son propre manifeste et le manifeste du jeune poète.

Pendant trois aDS, sauf des poésies ou des articles à la Revue Bleue, à la Revue Hebdomadaire, à la Revue d’Art Dramatique, M. Boschot ne fit plus rien paraître. Il se recueillait. Toujours solitaire, vivant à Fontenay-sous-Bois, dans l’intimité de Mozart, il travaillait, « il continuait son travail en profondeur » : ri écrivait des poèmes (qu’il publiera seulement dans quelques années), et il poursuivait ses investigations do psychologie à travers l’œuvre des littérateurs et des musiciens. Cependant, en 1900, paraissaient les Poèmes Dialogues, où M. Boschot se révélait poète philosophe, et qui recueillirent aussitôt les suffrages de critiques autorisés, tels que MM. Emile Faguet, André Rivoire, Gustave Lanson.

a Les Poèmes Dialogues, dit M. Faguet, sont sans douto ce que l’auteur a fait de meilleur… L’on voit d’abord qu’il a beaucoup lu Sully Prudhomme et Alfred de Vigny, ensuite, et surtout, qu’il est capable par lui-même d’une pensée forte, pénétrante et triste… » Et plus loin : « C’est un poète cher au cœur et d’une singulière puissance d’émotion. Il a cot accent incisif qui fait que la voix qui parle bas semble descendre au plus protond de nous-mêmes et s’y graver. Il a surtout une méthode qu’il tient de sa manière de sentir et qui est fort originale. Le poème se présente à lui sous forme de dialogue, parce que sa pensée, complexe, est faite de plusieurs sentiments qui se heurtent ou se poursuivent et finissent par s’entrelacer en beaux groupes synthétiques… C’est’ un indépendant qui s’est fait à lui-même des règles très fermes. » (Revue Bleue, 1901.)

Pour M. Gustave Lanson, les Poèmes Dialogués sont * une pure essence do poésie » : « quelque chose de doux, de profond, de sincère, do pénétrant, des rêves épanouis en images, une imprécision claire, un poudroiement lumineux qui enveloppe toutes les formes et les idéalise. M. Boschot nous parle non des accidents passionnels de sa biographie, mais des inquiétudes éternelles de la vie intérieure… » (Revue Universitaire, 1900.)