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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t3.djvu/219

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PRESCIENCES

Il y a des sourires sur la mer,
Et sur le sable des sourires laissés…
J’entends des frôlements de lumière,
Et des présences ont passé.

Une lune au ciel de cendre
Hésite comme un arpège
Qui va soupirer et descendre
En frisson d’or sur de la neige…

Ce n’est pas encor l’aurore,
Ce n’est déjà plus la nuit,
C’est un accord presque incolore,
Un mystère éclos sans bruit.

J’attends celles qui s’en allèrent,
J’oublie ceux qui vont venir…
Je suis seul au bord de la mer,
Plein de présences et d’absences…

(Le Sang parle.)

QUESTION

Y a-t-il des saisons pour l’âme
Comme pour les feuilles et les femmes ?
— Sans doute, mon enfant, mon enfant.

Y a-t-il des oublis pour le cœur
Après la pire des rancœurs ?
— Dieu le permet, mon enfant, mon enfant.

Y a-t-il des pardons pour les amours
Qui imploreraient un retour ?
— Le caprice y consent parfois, mon enfant.

Mais y a-t-il des heures où l’on se voie
Soi-même en état de joie ?
— Jamais, jamais, mon enfant, mon enfant.

(Le Sang parle.)