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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t3.djvu/210

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Il foule l’sol de vot’ accense
De ses petons roses et nus…

Nus, sans sabots, sans bas de laine !
C’est pas qu’il n’ n’aurait pas besoin,
Mais c’est pour pas fair’ de la peine
Aux pauv’s p’tits gas qui n’en ont point.

(Les Noëls Berriauds.)

LA SOUPE

Calant l’tourtiau sur son giron,
Lent’ment, la maitress’ Jeanne coupe
A larges tranches, le pain rond,
Le bon pain bis pour fair’ la soupe.

Puis, quand ça s’trouve assez d’taillons,
Eli’ retir’ de la crémaillère
La marmite où chante l’bouillon
Qu’ell’ verse arié, dans la soupière.

On prend sa place d’ssus les bancs ;
On feugne l’parfum des légumes
Qu’monte aux soliv’s comme un encens…
L’pain boit à p’tits coups — et ça fume !

Ah ! c’te bonne odeur ! Ça réjouit.
La douce chaleur nous actionne,
Et ça porte au corps grand profit
Pour la peine que ça lui donne.

On pioche à plein’ cuiller d’étain
Dans l’tas, avec autant d’courage
Que pour retourner les andains
Ou foncer l’soc au labourage.

Quand j’sons un’ tablé’ d’iaboureux,
Coude è coud’, ramassés en boules,
On n’entend qu’les cuillers dans l’creux
DTécuelle et l’gargouill’ment d’nos goules.

On s’croirait à l’Elévation,
Dans l’rabicoin d’un’ vieill’ chapelle,