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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t3.djvu/200

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où tournoient des pavots insensés, soulève une poitrine ruisselante, étoilée… L’universel azur miroite sur son corps.

Bientôt, ses cheveux roux, attirant les abeilles, font un lit de murmure à son visage en feu. Sur son ventre ses poings dorment, gonflés de veines. Et dans le gazon tiède j’entends ronfler un dieu.

Que brusquement Diane au son du cor l’éveille ! haute sur la lisière, appelant autour d’elle ses lévriers couleur de lune, frappant d’effroi les deux chevreuils couchés dans les fraises des bois.

C’est par les nuits d’été que Morphée est superbe ! que Morphée, se levant dans la fraîcheur des herbes, emplit les cieux d’abeilles en secouant ses cheveux. Et les astres bourdonnent sous la ruche des cieux.

(Les Idylles Antiques.) ..

L’ADIEU

— J’irai sur la grève te jeter mon baiser.
— Le vent vient de mer, ma mie, il te le rapportera.
— Je te ferai des signes avec mon tablier.
— Le vent vient de mer, ma mie, ça reviendra sur toi.
— Je verserai mes larmes en te voyant partir.
— Le vent vient de mer, ma mie, il te les séchera.
— Eh bien, je penserai seulement à toi.
— Te voici raisonnable, te voici raisonnable.

(L’Amour Marin.)

ENTRÉE DE CHARLES LE TÉMÉRAIRE DANS ROUEN

Comtes, barons, chevaliers, capitaines, tous gentilshommes de grande façon, et le plus fier, le plus grand, le plus bel, Charles de Charolais, qui les dépassait tous,