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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t3.djvu/197

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matière les formes passées et présentes de l’art rustique, toutes ses plus strictes inspirations allemandes, hongroises, espagnoles autant que françaises. Rondes et pastourelles, aubades, romances et guillonées, berceuses et bru nettes, ballades narratives, complaintes d’amour, chansons de fêtes et de métiers, gwerziou et soniou bretons, lieds et saltarelles, il semble qu’aucun des modes lyriques populaires ne soit absent du livre de M. Fort. Rendus dans leur rudiment expressif de laugue et de pensée, ou transformés, affinés de la pénétration d’une sensibilité moderne, ils développent les broderies d’un art original très savant sur la trame de leurs rythmes primitifs. »

M. Paul Fort a fondé en 1305 et dirige avec autorité l’importante revue Vers et Prose qui réunit à nouveau les principaux poètes Symbolistes.

CETTE FILLE, ELLE EST MORTE…

Cette fille, elle est morte, est morte dans ses amours.
Ils l’ont portée en terre, en terre au point du jour.
Ils l’ont couchée toute seule, toute seule en ses atours.
Ils l’ont couchée toute seule, toute seule en son cercueil.
Ils sont rev’nus gaiment, gaiment avec le jour.
Ils ont chanté gaîment, gaîment : Chacun son tour.
« Cette fille, elle est morte, est morte dans ses amours. »
Ils sont allés aux champs, aux champs comme tous les jours.

(Ballades au Hameau.)

DU COTEAU QU’ILLUMINE L’OR TREMBLANT…

Du coteau qu’illumine l’or tremblant des genêts, j’ai vu jusqu’au lointain le bercement du monde, j’ai vu ce peu de terre infiniment rythmée me donner le vertige des distances profondes.

L’azur moulait les monts. Leurs pentes alanguies s’animaient sous le vent du lent frisson des mers. J’ai vu, mêlant leurs lignes, les vallons rebondis trembler jusqu’au lointain de la fièvre de l’air.