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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t3.djvu/196

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Hirsch, Jules Bois, etc. En 1894, le Théâtre d’Art devint l’Œuvre, sous la direction de M. Lugné Poe.

Après cet essai de rénovation dramatique, M. Paul Fort commença à publier de petites pièces détachées dans La Société Nouvelle, et bientôt après parurent les diyerscsj>Jaqueties-que l’auteur a réunies on 1897 en un volume : Les Ballades..£ran£HiS£s. (lr« série), suivi bientôt de plusieurs autres. Dans les « ballades en prose », qui constituent une tentative fort originale et fort curieuse, il se montrait vraiment poète.

Dès 1897, M. Pierre Louys, dans sa préface, saluait en M. Paul Fort « un frère de Jules Laforgue : un poète, un écrivain dont chaque ligne émeut, à la fois parce qu’elle est belle et parce qu’elle est profondément vraie , sincère et douée de vie… » « Les Ballades Françaises, ajoutait-il, sont de petits poèmes en vers polymorphes ou en alexandrins familiers1, mais qui se plient à la forme normale de la prose et qui exigent (ceci n’est point négligeable) non pas la diction du vers, maïs celle de la prose rythmée. Le seul retour, parfois, de la rime et de l’assonance distingue ce style de la prose lyrique. Il n’y a pas à s’y tromper, c’est bien un style nouveau. Sans doute M. Péladan [Queste du Graal) et M. Mendès (Lieder) avaient tenté quelque chose d’approchant, l’un avec une richesse de vocabulaire, l’autre avec une virtuosité de syntaxe qui espacent aisément les rivaux. En remontant davantage encore dans notre littérature, on trouverait déjà de curieux essais de strophes en prose… On trouve d’ailleurs des ancêtres aux méthodes les plus personnelles, et celle-ci serait mauvaise si elle était sans famille. M. Paul Fort l’a faite sienne par la valeur théorique qu’il lui a donnée, par l’importance qu’elle affecte dans son œuvre, et mieux encore par les développements infiniment variés dont il a démontré qu’elle était susceptible. Désormais il existe un style intermédiaire entre la prose et le vers français, un style complet qui semble unir les qualités contraires do ses deux aînés… »

D’autre part, dans sa remarquable étude sur La Poésie populaire et le Lyrisme sentimental, M. Robert de Souza s’exprime en ces termes : » La vie trémoussée, trépidante, blagueuse, pieu* rarde, divaguée, hoquetant de rires et de sanglots, soudain rô^ veuse pour s’éparpiller en malices, la vie contrastée, naïve et rouée, chante sans arrêt, et danse et cabriole, dans les poèmes que M. Paul Fort a intitulés Ballades Françaises, Participant directement de Jules Laforgue et de M. Gustave Kahn, mais unissant les motifs de tous les précédents poètes en une sorte de métal corinthien, M. Paul Fort a refondu dans cette nouvelle

1. « Proposons de désigner ainsi les alexandrins qui comprennent douze syllabes sonores et laissent quelques mue lies élidées. » (pierre Louys.)