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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t3.djvu/171

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Sa beauté rit au ciel ; sous son large chapeau
Ses cheveux blonds coulant comme un double ruisseau
Couvrent d’un voile d’or les roses de sa joue ;
Et le plus clair sourire à ses lèvres se joue.
Curieuse, elle observe et n’est point sans émoi
A l’étrange contact du corps vivant et froid.
La petite grenouille en tremblant la regarde,
Et Chloris, dont la main lentement se hasarde,
A pitié de sentir, affolé par la peur,
Si fort entre ses doigts battre le petit cœur,

[Aux Flancs du Vase.)

PANNYRE AUX TALONS D’OR

Dans la salle en rumeur un silence a passé…
Pannyre aux talons d’or s’avance pour danser.
Un voile aux mille plis la cache tout entière.
D’un long trille d’argent la flûte, la première,
L’invite ; elle s’élance, entre-croise ses pas,
Et, du lent mouvement imprimé par ses bras,
Donne un rythme bizarre à l’étoffe nombreuse,
Qui s’élargit, ondule, et se gonfle et se creuse,
Et se déploie enfin en large tourbillon…
Et Pannyre devient fleur, flamme, papillon !
Tous se taisent ; les yeux lu suivent en extase.
Peu à peu la fureur de la danse l’embrase.
Elle tourne toujours ; vite ! plus vite encor !
La flamme éperdument vacille aux flambeaux d’or !.
Puis, brusque, elle s’arrête au milieu de la salle ;
Et le voile qui tourne autour d’elle en spirale,
Suspendu dans sa course, apaise ses longs plis,
Et, se collant aux seins aigus, aux flancs polis,
Comme au travers d’une eau soyeuse et continue,
Dans un divin éclair, montre Pannyre nue.

[Aux Flancs du Vase.)

SOIR DE PRINTEMPS

Premiers soirs de printemps : tendresse inavouée.
Aux tiédeurs de la brise écharpe dénouée…