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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t3.djvu/106

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O Toi qui, dans tes mains, portes aussi ta tête,
Rose et lis transformés en un bouquet de fête,
Et que sur l’échafaud un ange vient cueillir !

[Les Perles rouges, quatre-vingt-treize Sonnets sur Versailles.)

LOUIS DIX-SEPT

Le plus pur des Bourbons est un orphelin blême.
Tendre Dauphin broyé, l’Enfant Louis Dix-Sept
Humanise en ses traits l’Enfant de Nazareth,
Fils de dieux et de rois qu’adopte Dieu lui-même !

Des épines, au front, lui font un diadème ;
Le miracle embaumé de sainte Elisabeth
En ses bras torturés a rejailli plus net ;
Les lis de son manteau lui servent seuls de chrême.
Il porte un sceptre en fleurs, d’un air de Séraphin ;
Son décès discuté le fait vivre sans fin ;
Son sort, qui semblait dur, un mystère l’élide.
Son trépas à jamais demeure partiel.

C’est comme un papillon qui fuit sa chrysalide,
Et dont le doux vol bleu se fond avec le Ciel.
[Les Perles rouges, quatre-vingt-treize Sonnets sur Versailles.)

PRIÈRE DU MÉDECIN

Le bon Samaritain rencontre sur la route
Qui de Jérusalem conduit ù Jéricho,
Un voyageur laissé pour mort, dont il écoute
Le long gémissement qui pleure dans l’écho.

De vin il le réchauffe et le panse avec l’huile,
Le charge sur sa mule, et cherche des abris ;
Puis, quand il l’a bien vu, somnolent et tranquille,
Le recommande à l’hôte en acquittant le prix.

Seigneur, si je fus bon Samaritain moi-même,
Et si, me couchant tard et me levant matin,