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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t1.djvu/92

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V

Voilà pourquoi, laissant vos corps sans sépulture
Servir sous les flots bleus de pâture au dauphin,
Vos mânes irrités errent à l’aventure
Et, sans se consoler, volent, volent sans fin ;
Voilà pourquoi, plaignant toujours votre torture,
Vous ne quittez jamais ce rivage embaumé
Où vous avez souffert, où vous avez aimé.

VI

Et vous avez raison ! car, dans ce pauvre monde,
On ne vit qu’où l’on aime, et la patrie est là I
Ici-bas, rien ne vaut le coin d’ombre profonde
Où d’un être adoré le cœur se révéla.
Que ce bonheur ait lui l’éclair d’une seconde
Ou qu’il ait rayonné sur un long avenir,
L’âme en garde à jamais l’immortel souvenir.

SÉRÉNADE

J’ai dit aux étoiles :
o Elle est votre sœur,
Et vos yeux sans voiles
Ont moins de douceur
Que dans sa prunelle
L’humide étincelle
Qui lui vient du cœur. »

J’ai dit à la rose :
« Fais-lui des emprunts !
Sa bouche mi-close
Et ses cheveux bruns
Ont si fraîche haleine
Qu’ils passent sans peine
Tes plus doux parfums. »

J’ai dit à la brise
Qui meurt dans les bois,
A l’eau qui se brise
Et chante parfois :