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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t1.djvu/75

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Poète aux longs regards, vois les races futures,
Vois ces bois merveilleux à l’horizon éclos ;
Dans ton sein prophétique écoute leurs murmures,
Ecoute : au lieu d’un bruit de fer et de sanglots,

Sur des coteaux baignés par des clartés sereines,
Où des peuples joyeux semblent se reposer,
Sous les chênes émus, les hêtres et les frênes,
On dirait qu’on entend un immense baiser !

(Odes et Poèmes.)

LE DROIT D’AINESSE

Te voilà fort et grand garçon,
Tu vas entrer dans la jeunesse ;
Reçois ma dernière leçon :
Apprends quel est ton droit d’aînesse.

Pour le connaître en sa rigueur,
Tu n’as pas besoin d’un gros livre ;
Ce droit est écrit dans ton cœur…
Ton cœur ! c’est la loi qu’il faut suivre

Afin de le comprendre mieux,
Tu vas y lire avec ton père,
Devant ces portraits des aïeux
Qui nous aideront, je l’espère.

Ainsi que mon père l’a fait,
Un brave aîné de notre race
Se montre fier et satisfait
En prenant la plus dure place.

A lui le travail, le danger,
La lutte avec le sort contraire ;
A lui l’orgueil de protéger
La grande sœur, le petit frère.

Son épargne est le fond commun
Où puiseront tous ceux qu’il aime ;
Il accroît la part de chacun
De tout ce qu’il s’ôte à lui-même.

Il voit, au prix de ses efforts,
Suivant les traces paternelles,